l’atelier de Ghysou – 258 sujet 3


Ghysou

j’ai choisi les mots : outrance, ouvrier, ouvroir ouate, ouest, ouragan ourson ouvrage outrecuidance.

La poésie de l’ouvrier

Dans son ouvroir tout au bout de l’ouest, l’ouvrier s’affaire dès l’aube. Autour de lui, les outils chantonnent, les copeaux dansent, et un brin de ouate s’envole comme un nuage distrait. Son ouvrage avance lentement, entre inspiration et transpiration — deux muses qu’il connaît bien. Il travaille avec passion, parfois jusqu’à l’outrance : on dirait qu’il veut battre l’ouragan à la course ! Son marteau cogne, son cœur suit, et même les vis semblent battre la mesure.

Mais attention, derrière sa salopette et ses mains calleuses, sommeille un poète… et un peu d’outrecuidance aussi ! Car il se dit, en secret, que sans lui, le monde tiendrait à peine debout. Un ourson en peluche veille sur son établi — souvenir d’une fille, d’un rêve ou d’une sieste mal placée — et lui sert de confident. Parfois, il lui parle :
« Dis donc, petit, tu crois que le génie a besoin d’un diplôme ? »

Et quand il lève enfin les yeux vers le ciel, il croit voir un ouistiti perché sur le fil électrique, qui lui tire la langue avant de s’enfuir. L’ouvrier rit. La journée peut continuer : il a de la poésie plein les poches et des copeaux plein les rêves.

6 commentaires sur « l’atelier de Ghysou – 258 sujet 3 »

  1. Comme c’est joli ma chère Lilou :)Un défi relevé avec tendresse, j’ai adoré …

    Belle semaine à toi, bises, Laureen

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  2. Chère Lilou,

    Quel magnifique hommage à l’ouvrier, ce poète de l’ombre !

    Ton récit mêle avec une grande justesse l’effort, la passion et l’évasion orinique.

    J’ai particulièrement aimé l’idée des « deux muses qu’il connaît bien : inspiration et transpiration.  »

    Ta réflexion sur la « disparition « des ouvriers est touchante même si comme tu le dis beaucoup sont encore là. C’est vrai que l’on parle peu d’eux et que les métiers manuels ou de service ( je pense aux agents d’entretien, éboueurs, paysagistes, etc…) sont encore trop souvent dévalorisés alors qu’ils sont essentiels à notre quotidien.

    Félicitations pour cette poésie qui leur redonne toute leur dignité et leur cœur !

    Bien amicalement, Marie Sylvie

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  3. Quel bel hommage aux ouvriers, si courageux, si besogneux grâce auxquels nous peuplons notre univers d’objets aussi divers que nécessaires, il faut être un peu poète pour être inventif c’est certain !

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