Mil et une la suite – 118 – logorallye


Miletune

le concert

Les spectateurs étaient installés, les oreilles largement déployées, l’attention était à son comble.
Dans la vieille forteresse, ainsi nommée car la vieille église était bâtie avec les pierres du château moyen âge, huit compères sexagénaire au demeurant, amis comme cochon depuis la maternelle avait organisé un concert pour la saint Sylvestre. Ils étaient fins prêts.
L’idée, aussi sotte que grenue, avait germé dans l’esprit de Jean alors qu’il écoutait la fantaisie de Schubert, tandis qu’il tournait la sauce tomate bolognaise avec sa cuillère en bois transformée pour l’occasion en baguette de chef d’orchestre.
Contactés, les sept autres énergumènes avaient de suite souscrit à la proposition de Jean, histoire de s’amuser.
Ou mais quels instruments ? et où ? Mais bon sang mais c’est bien sûr, la vieille église un vrai palais pour l’acoustique. Et puis cela lui redorerai le blason, la remettrait au centre du village. On ne va pas se mentir, la messe n’est plus ce qu’elle était ; elle ne fait plus recette. Depuis longtemps les curés sont des baladins itinérants qui colportent la bonne parole de village en village.
Bon le lieu trouvé, quels instruments. Nos compères sont une équipe de bras cassés qui, s’ils entendent la musique ne savent pas l’interpréter. Et puis quelle œuvre ?
Le boléro ? la fantaisie de Schubert ? Ah non s’écrièrent en chœur Anatase, Fuschia et Zozine. Le 31 décembre c’est le « beau Danube bleu » ou bien la « Marche de Radetzky »
Protestation d’Urbain et timoléon qui préféraient le concerto pour violoncelle de Saint Saëns ! Finalement c’est Jean qui en chef d’orchestre eu le dernier mot. Il choisit un œuvre de Poulenc en hommage au petit poulain né la nuit dernière et baptisé Francis.
Dans la sacristie, on dégotta une vieille harpe bien désaccordée mais qui ferait l’affaire.
A vingt heures pétantes : Jean, baguette en main accueillit les musiciens en son palais musical
Procule lui ne sachant que siffler avait attrapé le sifflet ultrason ce qui fit venir le chien Dodo qui aboya joyeusement.
Fuchsia arriva avec une casserole et une louche en cuivre et tapa généreusement imaginant la tête de son époux volage.
Eubiote égrena quelques notes aigrelettes à la harpe qui eut envie de sortir de ses gonds (harpe à gonds) bien sûr.
Quant à Zozine, elle étala sa collection de verres plus ou moins rempli d’eau actionnée de quelques goutte eau de Javel pour imaginer qu’elle était bénite et tapotait sur le faux cristal avec fourchette et couteau.
Timoléon se déclara ténor e fut accompagné d’Anatase en chœur.

Sans aucun doute un orchestre naquit cette nuit là !

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