le mot mystère – Onirocritie –


Me voilà avertie, je vais encore devoir passer une semaine à alterner insomnie et séjour nycthémère, un mot bien barbare.

Perturbée, je le fus encore plus quand, au lieu de mettre mon bonnet de laine à pompons, je me suis retrouvée dans la rue avec un tricorne venu de je sais quel endroit secret de mon grenier. A peine avais-je mis le pied dehors que je trébuchai sur un caillou et me retrouvai les fesses dans les orties ( et oui on ne pousse pas toujours Grand-mère), et les ronciers. Je récupérai tant bien que mal mon couvre-chef; à cette heure de la journée, je n’avais bu qu’une cuillérée d’huile de ricin.   Ironie du sort, j’aperçus  un marmot qui passait par là et qui avait de toute évidence assisté au spectacle.  

Et voilà, ce crétin va conter cette aventure et tout le monde va être au courant dans le village ; c’est qu’il n’a pas la langue dans sa poche le lascar.

Les mains souillées par la terre noire venant du terril des mineurs, je me relevai tel un torero devant l’animal sauvage en dansant, me trémoussant, m’empêtrant dans mes jupes et jupons à dentelle, dentelle qui se déchira réduisant mes volants  en lambeaux. J’en étais là de mes constatations, déplorant de devoir encore cirer mes chaussures en cuir fin de petit veau, quand, je m’aperçus que la bague de ma grand-mère, la belle citrine sertie de vingt diamants,  n’était plus à mon doigt. Je me mis à crier mais cela ne servit pas à grand-chose. Dépitée, je rentrai à la maison, les larmes aux yeux après avoir fouillé au milieu des arbustes et des herbes sauvages piquantes. Je passai devant ma mère, en baissant la corne, la honte me mettait le rouge aux joues. Elle était assise dans son fauteuil préféré, un siège en rotin ocre jaune délabré.

« Dis-moi, me dit-elle en souriant, tu es bien sortie pour porter ta bague chez le bijoutier ?

  • Ouiou iii !  répondis-je d’une voix étranglée ; heu heu susurrai-je en me raclant la gorge…
  • Alors que fait-elle dans le tiroir de table de cuisine avec ta serviette de table !

Dites-moi, mes amies, vous des onicrites   accomplies, aurais-je rêvé toute cette histoire ? 

Les mots : citrine, rotin, ocre, cirer, noire, crier, ironie, torero, crétin, tricorne, corne, conter, tiroir, ricin.

Bises à bientôt

2 commentaires sur « le mot mystère – Onirocritie – »

  1. ll y a des jours où il vau mieux rester couché sauf si c’était un cauchemar, alors il vaut mieux se lever. J’ai aimé ton histoire. Bisous

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