Ecridelle – Atelier 4 –

Les mots en Cl plus Refuser, maudire, bataille, sage, destin.

C’était un après-midi décidément bien étrange au parc. Installé sur un banc, un clown vêtu d’un costume articulièrement clinquant essayait de manger tranquillement son club sandwich, persuadé qu’un homme sage ne pouvait pas refuser un tel moment de répit.

C’était sans compter sur le destin ! Soudain, un cloporte téméraire grimpa le long de son assiette, marquant le début d’une véritable bataille pour les miettes. Au même instant, un vieux clochard mélomane s’approcha en commençant à maudire le vent frais qui désaccordait sa clarinette. Il s’assit tout près et se mit à jouer un morceau endiablé, digne d’un concert de clavecin déjanté.

Non loin de là, un mystérieux cleptomane observait la scène. Tout en faisant semblant d’étudier un claveau de pierre détaché d’un vieux mur, il louchait avec une folle envie sur le petit clavier portable que le clown avait posé à côté de lui…

Ecridelle – Atelier 4 –

parodie sur le rythme et le thème du célèbre titre de Gilbert Bécaud, adaptée aux affres du régime minceur et des envies de gourmandise !

(Refrain)

Charly, oh Charly, t’iras pas au paradis
Charly, oh Charly, t’iras pas au paradis
Tes pensées sont mauvaises
Tu fais honte à ta diététicienne !
T’iras pas au paradis, Charly…

(Couplet 1)

Elle est là derrière la vitrine
La belle éclaire au chocolat praline
Aux jours de régime et de jeûne
Je ne vois qu’elle, j’en ai des lunes
Elle est belle comme une pâtisserie
Comment voulez-vous je vous prie
Que dans ces conditions je maigris ?
Oh Charly, t’iras pas au paradis

(Ton régime, je m’en fous !)
Mon péché, c’est elle et c’est tout !

(Refrain)

Charly, oh Charly, t’iras pas au paradis
Charly, oh Charly, t’iras pas au paradis
Tes pensées sont mauvaises
Tu fais honte à ta diététicienne !
T’iras pas au paradis, Charly…

T’iras pas au paradis, Charly…

(Couplet 2)

J’arrive une heure avant la fermeture
Pour le plaisir de l’admirer encore
Et pendant qu’elle prend une carrure
Je fixe le gâteau qui me dévore
Je me lève et je salive en cachette
Je me sens comme supplicié
Par les regards de la balance inquiète
Du pèse-personne du quartier !

(Refrain final)

Oh Charly, oh Charly, t’iras pas au paradis
Mon paradis, c’est le sucre, c’est tout !
Et même si ça scandalise
Tous les adeptes de l’église
Du bio et des graines de chia…
Un jour, ce mille-feuille, il sera à moi !

Les mots valsent chez Nanou – 20

Mes mots s’envolent et dansent

Une ondée leur mouille les souliers,
un souvenir leur prend la main
et les voilà partis pour un envol.

Il faudrait bien dormir,
mais comment dormir
quand la générosité du cœur
ouvre toutes les portes ?

Alors vient l’éclipse.
Un instant, plus rien.
Ni lumière, ni musique,
juste ce grand abîme
où l’on pourrait tomber.

Mais voilà que l’extase arrive
sans prévenir,
en robe rouge,
talons claquants,
et lance un joyeux :

Bonjour !

L’espoir, lui,
n’attendait que cela.

Il ramasse les mots tombés par terre,
les remet en musique
et les entraîne encore une fois.

Tango, paso doble, valse ou java,
peu importe…

Pourvu que les mots dansent.

Le mot mystère – les textes 51- INFRANGIBLE

Je suis absente jusqu’à demain soir en transit entre l’Espagne et la France.


et chez vous
Covix
Elealaureen
FrançoisDrôle de Gibelin
Ecrisdelle
Jak
JazzyInfrangible
Jill Bill
Marie Sylvie
la gardien de Grâce
Martine martin Entre deux chapitres de vie.
Tortue
ZazaLe Coup de Foudre de l’Ingénu

Bravo pour tous vos textes merci de vos participations

A tout bientôt

Mil et une – 205 – La complainte du chariot

Mil et une

Nous étions nombreux, toute une bande, à l’abri, tout de métal et de plastique, brillants comme des sous neufs. Bien rangés et stables sur nos roulettes, nous avions été acquis par des marchands qui vendaient toutes sortes de marchandises. Les cabas, paniers d’osier, sacs et filoches ne suffisaient plus. Et nous nous aimions, parce que nous nous promenions toute la journée.

Tiens, ma première sortie fut pour le rayon des surgelés. Puis vinrent un sac de vingt-cinq kilos de pommes de terre et des barils de lessive. Ensuite, tout s’est enchaîné : des bonbons aux petites culottes, en passant par les appareils ménagers, nous étions gavés.

Ah ! nous en avons fait des tours, des détours, des contours et des retours ! Parfois, il y avait des accidents, mais rien de bien méchant. Nous étions accusés de mal rouler, mais tant que personne n’était blessé… C’est vrai aussi que nous roulions n’importe comment : pas besoin de permis ! Et la vie était belle.

Que s’est-il passé ?

Maintenant, nous sommes souvent au garage. Et quand nous sortons, nous avons le ventre pas toujours très plein.
Aujourd’hui, par exemple, je suis seul devant la porte, tout nu, sans oser entrer.
Avons-nous mangé notre pain blanc ?

Mil et une – 201 – Rendez-vous sous les orangers

Mil et une

Gustave Caillebotte

Lyon occupé, juin 1943)

Dans le jardin aux orangers, la lumière tombait si paisiblement qu’on aurait pu croire la guerre ailleurs. C’est justement pour cela qu’ils avaient choisi ce lieu : personne ne soupçonne un complot dans un tableau de bonheur.
L’homme était assis de dos, chapeau de paille, veste blanche ; un visiteur parmi d’autres, un bourgeois en villégiature, lisant peut-être, rêvant sûrement. La femme se tenait debout à quelques pas, robe longue et chapeau, comme si elle n’était là que pour les fleurs. Les chaises de fer aux accoudoirs courbés attendaient autour d’eux, vides, patientes des alliées silencieuses.
Et puis, un peu plus loin, dans une flaque de soleil, un chien dormait ; sans doute le chien de l’homme. Une chien qui promène, qui gambade ou somnole quel meilleur alibi pour jouer à cache-cache avec la Gestapo.
Ce n’était pas un hasard non plus si l’homme le caressait en disant à voix assez forte :
« Eh bien, toi, tu as une belle vie ! » phrase convenue qui signifiait : je suis seul, personne ne me suit.

Cela faisait trois semaines que le message voyageait de main en main, sous la forme d’une carte postale anodine.
La jeune femme s’approcha effleura une fleur rouge ; un geste bien innocent de promeneuse et parla doucement au chien.
Ce faisant elle fit tomber son gant tomba dans le sable.
L’homme s’approcha ramassa le gant et murmura :

« Les orangers ont bien fleuri. Venez les voir avant la chute des pétales. »

C’est vrai répondit –elle :
« Il fait doux sous les orangers. Mais pas assez pour les abeilles.

Dans un pli de sa robe, une liste : trente-deux noms ! dans sa poche à lui une adresse près de Perrache.
Le message caché indiquait que le réseau de Grenoble était démantelé et méfiance un informateur rodait et Que l’anagramme en tête de liste donnait le nom du traitre.
Les autres étaient les personnes à sauver.
Mais surtout prudence : pas d’action héroïque.

Le chien releva la tête, il était temps de partir ; la consigne, pas de réunion longue.

Avant de se séparer, ils regardèrent ensemble, une seconde les fleurs rouges et roses du parterre de fleur. Une seconde volée sur cette guerre. Une promesse ! peut-être plus tard quand la guerre sera finie.

Mil et une – 204 – Le conspirateur et la confiture

Mil et une

Le conspirateur était un drôle de compagnon.
Un peu concupiscent, beaucoup trop gourmand,
il avait décrété que la confiture
était parfaitement compatible avec tout.

Même avec le fromage.
Même avec les cornichons.
Même, disait-il, avec la raison.

Cette étrange idée semblait congénitale :
chez lui, tout commençait par le sucre
et finissait en tartine.

Mais la conjoncture devint inquiétante :
on venait de confronter ses goûts
à ceux du village.

Résultat de la compilation des avis :
la moitié le trouvait génial,
l’autre moitié le trouvait fou.

On tenta alors de lui asséner
un argument contondant :

« La confiture, mon cher,
ça ne va pas avec tout ! »

Il réfléchit longuement.

Puis il répondit :

« Peut-être…
mais avec une bonne tartine,
elle est toujours compatible avec le bonheur. »

Week-end en tableau – 1 -en attendant la pluie

Article programmé

Jamie Perry

« Ça arrive… mais quand ? »

Un homme assis sur une chaise, accompagné de son chien, regarde au loin les nuages qui arrivent. Il ne pleut pas encore. Tout est dans l’attente. Le personnage ne fait rien : il regarde, il guette. C’est exactement « en attendant la pluie ».
le chien : lui sait peut-être avant son maître que la pluie arrive ! C’est une petite touche d’humour qui vous ressemble davantage qu’un commentaire purement artistique.

chez les aminautes

Amande douce
Covix  
Fardoise
François  
Golondrina63
Jazzy.
Josy
KImcat
Pulsatilla
Marie des vignes
Martine tortue
Mireille
Miss Yves
Monica Breitz
Zaza

L’atelier de Villejean – Rimes en STE ou STRE

voir la consigne

Consigne d’écriture AEV 2627-03 du mardi 13 octobre

Langouste au soleil,
Le vieux caviste agreste
Rêve d’améthyste.

Le château vétuste,
Sur son mur nu, rupestre,
L’ombre se repose.

Un drôle de jobastre,
Se prétend fort robuste,
Mais craint une souris.

Fumiste en goguette,
Dans le registre agreste,
Le vent souffle en fête.

Au fond du chai frais,
Le dentiste rêve en silence,
La lune est en fête.

Malepestre troubadour,
Une chanson de geste ancienne,
Réveille les tambours.

Week-end en tableau – 1 -en attendant la pluie

article programmé je suis en vacances une semaine

John Atkinson Grimshaw

Après l’averse

John Atkinson Grimshaw était un maître reconnu de l’ère victorienne pour ses scènes nocturnes. Ses œuvres associent un souci du détail presque photographique à une atmosphère romantique et mélancolique.

La pluie a cessé, mais la rue en garde la mémoire.

Les pavés sont encore brillants et reflètent la lumière. À gauche, les fenêtres éclairées des maisons apportent une touche chaude dans ce paysage dominé par les verts, les bruns et les gris. À droite, les arbres dépouillés se découpent sur un ciel chargé de nuages, où apparaît la lune.

L’éclairage et l’atmosphère : La composition est construite sur un jeu d’éclairage très contrasté. La lumière argentée et froide de la pleine lune perce à travers un ciel nuageux et verdâtre, illuminant les pavés humides de la rue. En opposition, une lumière chaude et dorée s’échappe de la fenêtre de la grande demeure victorienne, suggérant le confort intérieur.

Les éléments du décor :

  • La grande demeure : À gauche, bordée d’un long mur de propriété, se dresse une bâtisse de style victorien aux nombreuses cheminées et pignons.
  • La végétation de saison : Les arbres dénudés, aux branches fins et entrelacés se découpant sur le ciel, marquent la fin de l’automne ou l’hiver.
  • La chaussée humide : Les pavés luisants reflètent la clarté lunaire ainsi que le point lumineux de la fenêtre, une technique dans laquelle Grimshaw excellait.

chez les aminautes

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