Bon d’accord je suis en retard mais vous me connaissez maintenant ! Vous dites ? Ce n’est pas une excuse… je vais pas chipoter. Oui je sais mais hier j’étais très prise et arpès très fatiguée. Bises à Tous
La Double Vie de la Dévote
Sous les cieux grisâtres d’une sombre taïga, Où le vent siffle une alarme au creux des bois, Vivait une femme au cœur de mica, une bigote bigame aux deux visages, deux lois.
Dans sa boîte de fer, un secret bien gardé : Un magot de douceurs, des nonnettes dorées. Elle en savoure l’arôme, le miel et les épices, Oubliant du moraliste les austères notices.
Elle croit à la magie du sucre et du péché, Tandis que son époux, par le sort matagrabolisé, Cherche à comprendre ce mystère embrumé : Comment cet être si pur peut-il être si doublement aimé ?
Point de remords pour notre dame à l’esprit bigame, Qui grignote son gâteau en pensant à ses drames. Que l’on soit saint ou fourbe, tout finit par glisser, Quand une nonnette sucrée vient nous délester.
Bon d’accord je suis en retard mais vous me connaissez maintenant ! Vous dites ? Ce n’est pas une excuse… je vais pas chipoter. Oui je sais mais hier j’étais très prise et arpès très fatiguée. Bises à Tous
A l’atelier
Dans la pénombre de l’atelier, la sciographie s’installe. Une lampe grésille, le mur devient écran. La Pioche appuyée là n’est plus un outil, mais une falaise découpée par l’ombre.
Une chipie de lumière file et disparaît, faisant briller un éclat de saphir sur la table. Le réel se froisse, part presque en charpie, quand l’ombre prend le dessus sur la forme.
Chaque dessin n’est qu’une copie, jamais fidèle, toujours interprétée. Des carpes peintes au sol semblent voler, leurs silhouettes glissent sur le mur blanc.
Une simple chaise devient monument, déformée par l’angle et la distance. On hésite, on doute, on parle de gâchis, quand la main tremble et que le trait dévie.
Mais la répétition agit comme des opiacés, elle calme l’œil, elle ralentit le temps. Et dans ce jeu d’ombres et de noir, la sciographie ravive malgré tout l’espoir.
Bon d’accord je suis en retard mais vous me connaissez maintenant ! Vous dites ? Ce n’est pas une excuse… je vais pas chipoter. Oui je sais mais hier j’étais très prise et arpès très fatiguée. Bises à Tous
Poussez la mobilyette
Quand Annette tient la manette et Jules sa mobylette rien ne va plus. D’abord Jules qui porte des bottes et des culottes de moto ; enfin des bottes plutôt les tatanes de grand – père qui déchaussent à la moindre pierre qu’il croise sur son chemin. Ensuite Annette dégourdie comme une poule qui vient de trouver un couteau et qui fait un écart dangereux pour traverser la rue, justement devant la mobylette de Jules. Dommage pour Annette qui étrenne un blouson de cuir à la zazou, doré et orné de boutons de nacre. Elle lâche la manette et entame un vol plané élégant en jurant comme une mécréante, pendant que Jules tenait la ramette avec une copine via le réseau X, se retrouve brutalement cul par-dessus tête dans le fossé bien rempli, vu que la vieille il avait plu comme vache qui pisse ; et d’ailleurs à ce sujet là… Bref ce n’est pas le propos. Les voilà, elle avec les genoux et les mains sanguinolentes et lui le fond de futal troué et les fesses trempées. Que faire ? et bien pas de problème, ils débouchent la bouteille de crémant qu’il devait porter à leur grand-mère. A la tienne Mémé.
Dans un bois où flottait douce mellifluence, Vivait un Écureuil, mince et vif en cadence. Près de là demeurait un Mufle au lourd courroux, Grognant contre le vent, les arbres et les trous.
Un jour, l’Écureuil vit, près d’une vieille écuelle, Une nielle au grain sombre, herbe faussement belle. « Si je croque ceci, dit-il, je perds raison, Et ma pauvre cellule en aura du poison. »
Le Mufle accourut, plein d’un zèle imbécile : « Ce n’est rien, je détruis cela d’un coup facile ! » Sur une antique meule, il posa le plant noir, Puis, sans plus réfléchir, le frappa sans espoir.
La nielle éclata, oui… mais la meule en colère Roula sur le Mufle et lui broya l’arrière. Il hurla si fort que l’écho, dans le bois, Parut, lui aussi, se moquer de sa voix.
Ah siffla l’écureuil détournant son regard pacifique, comme dit ma filleule :
« Tel qui veut trop faire agit en maléfique. La prudence est une ficelle : il faut la tenir. Qui la lâche un instant peut fort s’en repentir. »
Oui oui je suis très en retard mais tant d’occupations et peu de courage.
collectionner les panneaux routiers
Je lis tous les textes mais je ne commente pas toujours ! N’en prenez pas ombrage et je vous aime tous
Si possible publiez vos textes pour le lundi 8h c’est plus facile pour faire le tour sans oublier personne et vous pouvez programmer bien sûr. N’oubliez pas mettre un titre ! Avec le sourire
Ne tombez pas dans le panneau !
Au cœur de sa grange, transformée en véritable musée de la signalétique, Anatole contemplait sa collection de panneaux routiers. Chaque pièce racontait une histoire, une aventure. Il y avait ce vieux panneau « Attention École », dont le dessin d’enfant tenait plus de l’aiglon maladroit que d’un écolier, qui l’amusait toujours. Pour décrasser les plus anciens, Anatole avait un jour essayé une mixture à base de plantes riches en saponine, une astuce de grand-mère qui s’était révélée étonnamment efficace contre la rouille tenace.
Sa passion était une véritable liaison entre le passé et le présent, chaque panneau étant un témoin silencieux des routes d’antan. Une fois, lors d’une expédition hivernale pour récupérer un panneau rare indiquant un col de montagne, il avait attrapé une sévère angine, mais la trouvaille en valait la peine. Un autre jour, c’est un pigeon qui avait fait son nid sur un panneau « Cédez le passage » qu’il convoitait en pleine ville, compliquant singulièrement son acquisition.
Son rêve ultime était de dénicher un panneau exotique, peut-être un avertissement pour la traversée de pangolin en Afrique, une chimère qui alimentait ses recherches les plus folles. Il avait même un panneau stop dont la bordure rouge avait un éclat particulier, presque comme un galon d’uniforme. Pour les protéger de la poussière, il les recouvrait parfois d’un vieux linge en lin. L’un de ses trésors les plus surprenants était un panneau « Route Inondable » qu’il avait extrait d’une zone marécageuse, encore couvert de sphaigne, témoignant de son immersion prolongée. Anatole souriait ; sa collection était bien plus qu’un hobby, c’était une vie d’aventures et de découvertes.