CANNETILLEUSE
Ouvrière de la soie qui utilisait du fil de métal aplati, principalement or et argent, tourné en hélice, pour broder le tissu soyeux.
Léanne s’activait. Sœur Annelise était sans pitié, la tunicelle de l’évêque Célestin devait être prête pour la cérémonie de samedi. Penchée sur son tambour à broder, elle tirait l’aiguille de ses mains douces ; ces mains si menues d’une blancheur laiteuse qui laissaient apparaitre de petites lenticules brun clair. Elle avait déjà travaillé le linceul du défunt, un grand ponte de l’église. Ce drap d’une toile un peu dure et calleuse reposait dans la cantine avec les autres accessoires ; celle-ci devait être expédiée demain au plus tard, il ne manquait que cette tunique parsemée de dessins uncinés faits de cannetille d’or et d’argent. Il fut un temps où elle redoutait de s’écorcher avec la fine aiguille, de casser le fils ou de le tordre. Elle avait la hantise qu’une goutte de sang perle et ne salisse le fin linon blanc. Elle fredonnait alors cette chanson des canuts que le soir en sourdine, elle écoutait répétait à l’envi ce refrain des canuts.
« c’est nous les canuts, nous sommes tout nus »,
ce cantilène interdit qui lui plaisait tant. Elle ressentait si profondément ces mots. Elle les faisait siens et un jour se disait-elle, elle sortirait de cet orphelinat et irait faire la révolution.

J’ai aimé ton texte mais je ne suis pas inspirée pour le commentaire. Bisous
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Je ne connaissais pas cet air chanté par Montand… Une profession du pauvre de la terre, je comprends son envie de…. Merci Lilousoleil…
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