Mil et une la suite – sujet 65- histoire de pomme

Miletune

Vous avez dit trognon ! Pom pom pom pom ! Le phono déverse son Beethoven comme la pluie de novembre tombe sur les toits. La pomme rescapée de Blanche Neige se mire dans la glace de la vieille sorcière. Ah mais Madame vous z’êtes trognon ! Si si trop belle ! Aussi belle qu’avant d’avoir été croquée par tous les bouts, rouge vif, rouge carmin vous brillez Madame, reste même pas la queue, pourvu qu’il n’ait pas que les pépins !    Mais non d’une pipe en bois, sans controverse,  ceci n’est pas une pomme, c’est un ersatz tout grignoté.  Encore faut-il s’estimer heureux, Blanche Neige, que tu ne sois pas en compote !  Allez tiens je t’offre un beau livre pour enfant Trognon et Pépin !

Mil et une la suite – sujet 61- Logorallye

Miletune

A la manière de Robert Desnos

Un despote en escarpin sur la banquise jouant d’un stradivarius à en perdre l’ haleine, ça n’existe pas. Mais lorsque celui-ci déguste une crème chantilly agrémentée d’un zeste de citron dans la brume et assis tout de bizingois alors là…

Ça n’existe pas non plus ! Ou alors il y a nécessité de consulter en urgence mais ce n’est que mensonge ! Ça n’existe pas plus qu’une fourmi de dix mètres de long.

Mil et une la suite – sujet 60- correspondance

Miletune

correspondance

Puisque tu te plains de mes pattes de mouches, je me résous à t’envoyer un mail.

Seulement tu ne viendras pas te plaindre qu’il a disparu. Que la corbeille de ton ordi, a fait son office et que tu oublieras mes lignes ; Toi qui adore la correspondance épistolaire, toi qui aime sentir l’encre marron que distille ma plume au fil des mots, toi qui aime chiffonner le papier pour mieux le lisser ensuite et essayant de lire dans les creux et les lignes formés, comme si c’étaient les lignes de la main.

Ne viens pas me dire que la communication est froide et impersonnelle : les belles lettres, les pleins et les déliés te manqueront. Comment, il faut en plus que je cherche une police adaptée ? alors là non pas question. Et puis que vient faire la police dans notre courrier ?

Mil et une la suite – sujet 58 – La vieille cabine

Miletune

Le mot facultatif :  martien

La vieille cabine

Ah te voilà toi la cabine prodigue !

Tu t’imaginais quoi ? Que la vie ailleurs était meilleure. Que les gens pressés allaient bondir dans ton espace pour prendre un combiné téléphonique ? Non mais tu as rêvé ! Franchement tu pensais que, engoncés dans ce coin presque insalubre, rempli de graffitis et d’odeurs corporelles identifiables ou non, les téléphoneurs allaient te faire la fête comme un chien remue la queue de bonheur. Si on t’a virée du square c’est parce que tu ne servais plus à rien. Chacun s’amuse maintenant avec un nouveau doudou, un petit tout petit boitier coloré que l’on glisse dans la poche arrière du pantalon.  Oui je suis d’accord avec toi ce n’est pas la meilleure place ; inévitablement il sera perdu ou pire piqué par un malandrin. Tu ne sais pas ce que c’est ? Si bien sûr un machin pendu, que dis-je pendu, scotché, sécotiné, agrafé à la main de l’humain.

Alors tu as beau te faire belle, revenir repeinte à neuf avec ton rouge coquelicot cliquant rutilant.  Tu ne fais pas le poids. Tu as mis des fleurs, des branches, de la ferraille dans ton cockpit et même pour faire bien une espèce d’antenne sur ton toit de plexis glace pour tenter t’attirer le chaland et qu’il vienne piloter cet engin ! Tu crois que les humains ne vont pas se rendre compte que tu n’es ni une soucoupe volante ni un extraterrestre martien ou vénusien ou même jupitérien.

Allez va personne ne va te faire la fête ! Tu es finie n i n i et rien ne recommencera. Tu n’es pas la cabine prodigue. T’installer au bord de la plage ou près du ponton d’amarrage, tu n’as plus la cote.

Un conseil va à affaire conclue, il y aura peut-être des malades qui auront quelques thunes à miser sur ton anatomie pour te recycler en débit de boissons sucrées…

Allez va sans rancune ma vieille !

Mil et une la suite – sujet 58 – La vieille cabine

Miletune

Le mot facultatif :  martien

La vieille cabine

Ah te voilà toi la cabine prodigue !

Tu t’imaginais quoi ? Que la vie ailleurs était meilleure. Que les gens pressés allaient bondir dans ton espace pour prendre un combiné téléphonique ? Non mais tu as rêvé ! Franchement tu pensais que, engoncés dans ce coin presque insalubre, rempli de graffitis et d’odeurs corporelles identifiables ou non, les téléphoneurs allaient te faire la fête comme un chien remue la queue de bonheur. Si on t’a virée du square c’est parce que tu ne servais plus à rien. Chacun s’amuse maintenant avec un nouveau doudou, un petit tout petit boitier coloré que l’on glisse dans la poche arrière du pantalon.  Oui je suis d’accord avec toi ce n’est pas la meilleure place ; inévitablement il sera perdu ou pire piqué par un malandrin. Tu ne sais pas ce que c’est ? Si bien sûr un machin pendu, que dis-je pendu, scotché, sécotiné, agrafé à la main de l’humain.

Alors tu as beau te faire belle, revenir repeinte à neuf avec ton rouge coquelicot cliquant rutilant.  Tu ne fais pas le poids. Tu as mis des fleurs, des branches, de la ferraille dans ton cockpit et même pour faire bien une espèce d’antenne sur ton toit de plexis glace pour tenter t’attirer le chaland et qu’il vienne piloter cet engin ! Tu crois que les humains ne vont pas se rendre compte que tu n’es ni une soucoupe volante ni un extraterrestre martien ou vénusien ou même jupitérien.

Allez va personne ne va te faire la fête ! Tu es finie n i n i et rien ne recommencera. Tu n’es pas la cabine prodigue. T’installer au bord de la plage ou près du ponton d’amarrage, tu n’as plus la cote.

Un conseil va à affaire conclue, il y aura peut-être des malades qui auront quelques thunes à miser sur ton anatomie pour te recycler en débit de boissons sucrées…

Allez va sans rancune ma vieille !

Mil et une la suite – sujet 57

Miletune

Le mot facultatif :  addiction

Je vole

Je ne pourrai dire que l’image provoque une forte inspiration mais j’avoue que flotter au-dessus de nuage et voir la France d’en haut confère une sensation de puissance. Pour avoir pris l’avion souvent, les premières minutes de vol sont plaisantes. Je laisse mon esprit divaguer entre ce que je quitte et ce que je vais découvrir. Ces nuages qui moutonnent que je vois en général dans l’autre sens me laissent imaginer des formes bizarres, j’imagine comme tous les gamins des animaux préhistoriques ou familiers ; tiens ici à droite un poisson ! Lequel je ne sais mais il avance en même temps que moi. Et un poisson au-dessus des villages qui rapetissent au fur et mesure que l’avion prend de l’altitude, ce n’est pas banal. Alors je me laisse emporter en rêvant à la liberté des oiseaux.

Mil et une – la suite – sujet 38- le chêne et le roseau

Miletune

Il était une fois un chêne plus que centenaire. Devant lui, au bord d’une rivière, une touffe de roseaux vibrait au moindre zéphyr oui pliait sous l’Aquilon, selon l’humeur du temps. Au beau milieu, un phragmite australis, dominait cette troupe et riait à gorge déployée en observant les aléas de la vie de cet arbre. Il chantonnait souvent :

Si six scies scient six citrons, six cent six scies scieront six cent six citrons. Et tous les autres applaudissaient.

Le chêne, lui portait beau. Solidement enraciné, il n’avait que faire de ce chant qu’il considérait comme une révolte contre le sort réservé aux roseaux. Son tronc sculpté par les intempéries et les affres des années, était décoré de petits champignons comme des robes de danseuses espagnoles. Fort et sûr de lui, rien ne pouvait arriver. Inutile de dire qu’il était vexé comme un pou quand il entendait ces ritournelles virelangues de six, scie et citrons.

Mais un jour, des hommes au nombre de six, arrivèrent de la ville. Comme toujours cinq discutaient paroles et paroles et encore conciliabules et simagrées  à n’en plus finir pendant que le sixième un pot de peinture à la main, inscrivait  sur le tronc du chêne  en chiffres rouge orangé  7 0 6 .

Saligaud ! s’affola le chêne me voilà marqué au fer rouge toutes ses feuilles tremblant d’angoisse. Je vais être coupé, transformé en planches rabotées à la fibre près ; on fabriquera des lits que des amants fracasseront ou des tables que les convives souilleront à l’envi. Je suis humilié et détruit à jamais. Triste fin programmée pour le 7- 6, soit le 7 juin.

Et c’est alors qu’une mélodie s’éleva. Le phragmite fredonnait :

Si sept scies scient six citrons, sept cent six scies scieront sept cent six citrons donc ton tronc sera scié.

Mil et une – la suite – sujet 37 – comme sur des roulettes

Miletune

Zélie se retourna d’un pas vif, rejoignit sa voiture et rentra à la maison. Maintenant, elle trempait dans un bain moussant et parfumé pour se débarrasser de la poussière, souvenir de de ce crétin de José qui lui courait derrière depuis si longtemps. Bouché comme il était, il n’avait pas compris qu’il ne souffrait pas la comparaison avec Brad Pitt !

José! Enfin elle pouvait respirer !  Son plan avait fonctionné comme sur des roulettes. Elle chantonnait en faisant des bulles.

Zélie avait donné rendez-vous à José qui, heureux comme un chat devant une jatte de crème n’avait pas couru mais volé à l’endroit indiqué pensant enfin biquer la belle Zélie

Maligne elle avait choisi le haut du petit pont de bois (celui qui ne tenait plus guère que par un beau mystère et deux piquets tout droit). Elle savait par expérience que la barrière était très justement branlante. Elle avait amené José au point de rupture de la barrière. Elle s’était précipitée pour l’embrasser fougueusement. Bien sûr, il ne résista pas à cet assaut aussi inattendu que violent et s’appuyant sur la barrière pour accueillir sur son torse puissant et racé, il leva les bras aussi musclés que ceux d’un rugbyman fatigué… et crac, la barrière céda, et le beau José chut dans le petit torrent bouillonnant autour des rochers. José battit des bras mais s’enfonça dans l’eau glissa sur les pierres et disparut.

Elle sursauta quand, à la porte on sonna de manière intempestive !

Mil et une – la suite – sujet 33

Miletune

Le corbeau et le renard

Maître corbeau sur un fil perché…

Non un corbeau ne se perche pas sur un fil ; sur un arbre, grosse maligne. Si tu veux que vienne le renard, il faut un chêne ou un platane… Donc reprend ta fable si tu veux parodier !

Maître moineau sur un arbre perché…

Alors mais tu le fais exprès ma pauvre fille, un moineau tu ne le vois pas et là encore le renard ne va pas pouvoir lui piquer son calendos ! Tu reprends encore une fois !

Maître merle sur un fil perché attendait le renard. Celui-ci comme dans la fable guettait la proie du merle mais on n’a jamais vu un merle voler un maroilles.

Recommence encore une fois

Un merle perché sur des fils de téléphone regardait un renard affamé le narguer. Se croyant plus rusé que le renard, le merle d’un seul coup s’envola et le fit si bas que d’un seul coup de dans le renard le dévora. Trop tard pas besoin de docteur !

On ne vit plus sur l’image que la silhouette noire d’un oiseau au milieu d’un rouge sang.

Moralité, il n’y en a pas je ne suis pas La Fontaine.

Mil et une – la suite – sujet 32

Miletune

249 – Avec les mots en gras dans le texte

Ginette

Ginette rongeait son frein. Elle avait bien ouvert le premier bouton de son chemisier en soie qui laissait paraître juste ce qu’il fallait et où il fallait ; une attitude toute symptomatique de la fille qui veut draguer.  Elle, petite secrétaire du DRH, avait été invitée au forum des entreprises. Peu intéressée par les badauds qui s’agglutinaient devant son stand, elle avait vite repéré que Guillaume, consultant maison de la boite. Il avait des arguments autres que professionnels.

Cela faisait un bout de temps qu’elle ramait pour le rencontrer alors là, elle atteignit la moitié du Nirvana, l’autre moitié consistant….  Depuis quatre jours, elle épiait ses habitudes, guettait ses pas dans les couloirs et ses stations au bar. Quand elle l’avait vu se diriger vers l’ascenseur, elle s’était précipitée pour entrer dans la cabine, abandonnant sa pêche Melba. Las, la cage était minuscule et maintenant, pressée contre la paroi métallique qui lui gelait les fesses, elle luttait pour ne pas frôler ce vieux chameau de Dédé sentant la sueur mêlée aux effluves d’un déodorant citronné bon marché. Encombrée de son sac à main qu’elle tenait, serré contre sur sa poitrine, pour cacher l’échancrure du corsage qu’elle avait eu tant de mal à rendre affriolante. Son grand jeu de séduction tournait en eau de boudin.

Cet intrus gâchait tout. Elle avait tant espéré poser ses jalons. Elle imaginait sa vie future avec ce grand Guillaume. Elle savait par Lulu, son amie et secrétaire de la compta qu’il était « seul ». Mais attention, inutile de t’embarquer dans cet esquif, cela ne te rapportera rien, lui avait-elle conseillé, il est de la contre allée ; fi donc, avait murmuré Ginette, elle lui ferait décrocher la lune.  

Elle avait imaginé un scénario original comme laisser tomber ses clefs, son sac à main, un livre, un mouchoir enfin quelque chose. ‘Elle jeta un œil à sa montre bracelet ; elle en avait un peu honte, elle avait gagné ce bijou en participant à la « Valise de madame RTL ». Pas de chance,  pas de valise, ni de voyage ni les mille euros, juste la consolation d’avoir « causé avec Laurent R » et une montre. Nous étions au quatrième. Le chameau grimaçait comme un singe. Il lui restait encore huit étages à monter comme à Guillaume d’ailleurs mais elle avait fort envie de descendre au prochain arrêt. Elle ne serait jamais prête pour le briefing de 21h.   C’est alors que l’ascenseur se mit à exécuter un drôle de danse. Il montait et descendait  au gré des appels des clients pressés d’aller dîner ; comme  la cabine était pleine comme un œuf, personne ne montait. Finalement à sa grande surprise Guillaume sortit de cet enclos. Restée seule avec le vieux chameau, Ginette hésita ; soit elle lui collait une mandale directement soit…Ouf le chameau sortit à l’étage suivant.  Elle pensa à Guillaume, le beau Guillaume allait revenir, tel un chevalier servant, défendant la veuve et l’orphelin. La porte s’ouvrit brusquement ; elle resta bouchée bée. Le sang afflua puis se retira de son visage et elle frissonna malgré la chaleur confinée.

Pauvre Ginette, il lui fallut une dizaine d’étages pour réaliser qu’elle avait vu, oui vu de ses yeux, vu, le vieux chameau grimaçant, embrasser goulûment Guillaume… Ah non ça Ginette ne pouvait l’imaginer…