Je suis sûr que, comme nous tous et vous toutes, vous avez tenté une expérience qui vous a semblée géniale sur l’instant et a tourné à la catastrophe à peine réalisée.

Le concours
Je devais avoir une dizaine d’années quand après quelques années de mauvais piano ; on me fit la cour pour participer à un concourt de la radiodiffusion française ! Oui oui un vrai concourt, avec des profs chevronnés et intransigeants. Et là de deux choses l’une dois-je obéir à mes parents surtout ma mère en l’occurrence et mon prof de piano ou dois-je suivre mon instinct qui me suggère de rester tranquillement à ma place c’est-à-dire une élève plus que moyenne fainéante que les cours deux fois par semaine barbaient au plus au point. J’ai cédé bien sûr car à dix ans on n’a pas vraiment le choix et j’ai écouté les sirènes d’un diplôme supérieur du Royaume de la musique. Une ligue contre moi pour le forcer à un « travail » qui me prenait du temps de jeu avec les copines ! d’ailleurs les copines je n’en avais plus beaucoup du fait du travail pianistique.
Alors me voilà vêtue de ma jupe à petit froufrou et de mon corsage blanc immaculé à poignet trempe sauce, cela faisait partie du complot pour que je bascule dans le piège. J’avance lentement mes souliers vernis me font souffrir car neufs et pas encore chaussés ; je suis restée deux heures à attendre mon tour à écouter les virtuoses en herbe jouer des prouesses techniques en tapant sur les touches noires et blanches. Donc j’avance et je m’assieds sur le tabouret tapissé de velours rouge grenat aussi rouge d’ailleurs que mes joues. Je connais par cœur le morceau la « Tristesse »de Chopin. Mais j’ai une version transcrite pour les débutants et surtout je n’ai pas voulu me fatiguer à apprendre un petit Bach.
Comme vous vous en doutez ce fut une catastrophe. D’abord, il faut le dire le trac et c’est bien normal ensuite je n’ai pas réglé mon siège et mal assise pas moyen de toucher les pédales que l’on ne m’avait pas appris à utiliser ; enfin reprise et cette fois les pédales firent résonner les cloches dans tout le studio et à contre sens. Et voilà que mon pouce s’est pris dans les volants poignets trempe sauce. Ce fut la fin de tout.
Comme je m’en suis sortie, un diplôme de consolation me fit entrer dans ce Royaume dont je ne voulais pas être sujet. Peut-être que en jouant le jeu (sans jeu de mots) j’aurai enfin pu me dépêtrer de cette obligation.
Si encore à la suite de cet échec pas très douloureux, on m’avait laissé vivre ma vie. Mais non ! Comme quand on tombe de cheval, il faut remonter en selle ! j’ai donc dû continuer toujours aussi flemmarde.
Ne vous y trompez pas, j’adore la musique et surtout classique jouer par les autres c’est magnifique.
C’est surtout à mes parents que cela faisait plaisir pour des raisons particulières et je n’en dirais pas plus. Mais cela ne m’a pas dégouté car j’adore la musique et j’adore aller aux concerts et aux festivals l’été. Pas de regrets cela m’a juste permis d’écrire un texte.
Avec le sourire
J’aimeJ’aime
Comme tout, apprendre à jouer un instrument doit être un plaisir.
J’aimeJ’aime
J’aime beaucoup et
Aussi pas encore chaussée et
Les volants trempe sauce
De la trempe certaine quand même dans cette épreuve …
Lothar
J’aimeAimé par 1 personne