Au fil des jours – décadi 20 germinal 212


C’est sa fête : Gauthier

Abbé de Saint-Martin de Pontoise, au nord de Paris, Gauthier est aimé de ses moines mais, par souci d’humilité, ne veut pas les diriger. Il porte sa démission au pape. Celui-ci la refuse. C’est à Pontoise que Gauthier meurt le 8 janvier 1099 (l’année de la prise de Jérusalem par les croisés).

 Embrassons aussi si nous en connaissons

Dimitri – Cacilda – Liboire – Waudru

Dictons du jour

À la Saint-Gauthier, jamais le jour entier ne passe sans quelques giboulées.

début de la lune rousse

Tant que dure la rousse lune, mes fruits sont sujets à fortune.

Histoire

9 avril 1834 : Seconde insurrection des canuts

À Lyon, le 9 avril 1834, les ouvriers de la soie, les canuts, se soulèvent après que des meneurs ont été traduits en justice pour avoir dénoncé des baisses de salaires et fait grève. Le ministre de l’Intérieur Adolphe Thiers laisse les manifestants ériger des barricades puis fait donner la troupe. Celle-ci va méthodiquement reconquérir la ville. On comptera environ 600 morts et 10 000 arrestations au cours de la « Sanglante semaine » du 9 au 15 avril 1834. Autrement plus féroce que lors de la première révolte des canuts (1831), cette répression est un prélude à la « Semaine sanglante » de 1871 par laquelle le même Thiers mettra un terme à la Commune de Paris.

9 avril 1865 : Fin de la guerre de Sécession

Le 9 avril 1865, la bataille d’Appomattox met fin à la guerre de Sécession. Le général Lee capitule face au général Grant. C’est la défaite définitive des Sudistes après une lutte impitoyable de quatre ans, qui aura fait 617.000 victimes. Ainsi, la guerre la plus dure qu’aient jamais livrée les États-Unis aura été une guerre civile…

9 avril 1940 : Hitler envahit la Norvège

Le 9 avril 1940, les armées de Hitler envahissent la Norvège. Les Alliés franco-anglais répliquent par un débarquement sur la côte septentrionale de la Norvège, en vue de protéger les gisements de fer de Suède. Tandis que le gros de leurs armées reste l’arme au pied le long de la frontière française, ils engagent à Narvik leur première campagne contre la Wehrmacht.

Naissances

Léon Blum

9 avril 1872 à Paris – 30 mars 1950 à Jouy-en-Josas – Léon Blum, issu d’une riche famille israélite, entre à l’École normale supérieure mais choisit ensuite de s’orienter vers le droit. Il participe aux côtés de Jean Jaurès à la fondation de L’Humanité. Il fait scandale aussi avec un livre, Du mariage (1907), dans lequel il prône pour les femmes comme pour les hommes l’expérimentation sexuelle avant le mariage. Brillant intellectuel, élu député de la Seine en 1919, Léon Blum prend la tête du parti socialiste (SFIO) après le congrès de Tours (1920). En 1936, il amène le Front populaire à la victoire aux élections législatives et devient président du Conseil. Il est contraint à la démission le 21 juin 1937.

Le 10 juillet 1940, il se range parmi les 80 députés qui refusent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il est interné par le régime de Vichy, jugé à Riom pour sa supposée responsabilité dans la défaite de 1940 et livré aux Allemands. À la Libération, il dirige brièvement le gouvernement, pendant un mois, avant l’entrée en fonctions du président Vincent Auriol…

Décès

François Rabelais

vers 1493 à La Devinière (Touraine, France) – 9 avril 1553 à Paris -Moine au couvent franciscain de Fontenay-le-Comte, François Rabelais découvre avec bonheur les auteurs de l’Antiquité. Il devient plus tard docteur en médecine de l’université de Montpellier et s’illustre comme professeur à l’Hôtel-Dieu de Lyon. C’est alors qu’il écrit les romans qui le rendront immortel : Pantagruel et Gargantua, puis le Tiers Livre et le Quart Livre. D’une personnalité attachante, curieux et avide de voyages, non dépourvu de courage, François Rabelais est un parfait représentant de la Renaissance, contemporain des poètes Clément Marot, Pierre Ronsard, Joachim du Bellay. À la différence des autres humanistes de son temps, comme Guillaume Budé et Érasme, c’est en français et non en latin qu’il a choisi de s’exprimer.

Gabrielle d’Estrée

9 avril 1599 : Gabrielle d’Estrées, surnommée la belle Gabrielle, a été rendue célèbre par Henri IV. Ce prince lui écrivait un jour, du champ de bataille : « Avant de mourir, ma dernière pensée sera à Dieu, et l’avant-dernière à vous. »

Gabrielle d'Estrées
Gabrielle d’Estrées

Gabrielle avait passé une partie du carême de l’an 1599, à Fontainebleau ; mais la bienséance et la politique ne permettant pas à Henri IV de la garder auprès de lui pendant le temps de Pâques, il l’avait priée de retourner à Paris, et la conduisit jusqu’à Melun. « Ces deux amants, dit Sully, semblaient avoir un pressentiment qu’ils ne se reverraient plus ; ils s’accablaient de caresses, les larmes aux yeux, et se parlaient comme si c’eût été la dernière fois ; ils prenaient congé l’un de l’autre, et aussitôt se rappelaient, s’embrassaient, et ne pouvaient se séparer. »

Elle vint loger chez Zamet ; c’était un Italien qui avait acquis de grandes richesses, en s’intéressant dans toutes sortes de maltotes ; c’est lui qui se qualifiait dans le contrat de mariage de sa fille, seigneur suzerain de dix-sept cent mille écus.

La duchesse fut reçue de son hôte avec tous les empressements imaginables. Le Jeudi-Saint, ayant bien dîné, il lui prit quelques éblouissements dans l’église du petit Saint-Antoine, où elle était allée entendre les ténèbres. Revenue chez Zamet, et se promenant dans le jardin, après avoir mangé d’un citron (d’autres disent une salade), elle sentit tout à coup un feu dans la gorge et des douleurs si aiguës dans l’estomac, qu’elle s’écria : « Qu’on m’ôte de cette maison, je suis empoisonnée. » On avait déjà parlé de marier Henri IV avec Marie de Médicis ; et comme Zamet était né sujet du duc de Florence, ses ennemis le soupçonnèrent d’avoir servi l’ambition de son souverain.

On emporta Gabrielle chez elle ; son mal y redoubla avec des crises et des convulsions si violentes, qu’on ne pouvait regarder sans effroi cette tête si belle quelques heures auparavant. « On empoisonna cette favorite, dit un écrivain de ce temps-là, parce que le roi était déterminé à l’épouser ; et ce fut un service qu’on rendit à ce prince et à l’Etat, ajoute ce galant homme, vu les troubles qui en seraient avenus. »

Henri IV fit prendre le deuil à toute la cour, et le porta la première semaine en violet, et la seconde en noir. Le parlement de Paris envoya une députation lui porter ses condoléances : ce qui n’avait pas encore été fait, et qui n’a jamais fait depuis, pour aucune maîtresse des rois.

A demain

Un commentaire sur « Au fil des jours – décadi 20 germinal 212 »

  1. Coucou chère Lilou, je partage cette belle journée « pluvieuse » chez nous, sans avoir aperçu la lune rousse… appréciant de lire le rappel de dates importantes… dont « Les Canuts, Blum, Rabelais et la belle pensée-citation d’Henry IV pour Gabrielle d’Estrée.

    Merci pour tout cela, bisous, à bientôt.

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