VITRAUPHANIE
Derniers textes de saison. Nous reprendrons nos divagations sur les mots (tiens un nouveau titre)
le 25 août et pour les textes le 1 septembre.
Je lis tous les textes mais je ne commente pas toujours ! N’en prenez pas ombrage et je vous aime tous
Si possible publiez vos textes pour le lundi 8h c’est plus facile pour faire le tour sans oublier personne et vous pouvez programmer bien sûr. Avec le sourire
Lumières d’Hiver sur verre oublié
Il y avait, au fond du grenier de la vieille maison, un carreau oublié, serti de poussière et d’histoires. Une vitrauphanie pâlie y résistait encore, accrochée aux souvenirs comme un pétunia en hiver, fragile et pourtant tenace. L’image représentait un traîneau filant sur un lac gelé, tiré par un renard aux yeux presque aviaires. Je me souvenais encore de la lumière tamisée qu’elle projetait sur les murs, quand j’étais enfant, les jours de naupathie ou de fièvre, où je restais au lit en attendant la fin d’une huitaine interminable.
Mon grand-père, un vieil original que le village surnommait le taupier, passait parfois me voir avec ses bottes pleines de terre et me contait des histoires de vipères qu’il aurait chassées dans les champs. Il disait que cette vitrauphanie venait d’un navire pirate échoué sur les rives d’un port oublié, et qu’un marin l’avait échangée contre un bocal de confiture. Je n’ai jamais su s’il plaisantait.
Ce qui est certain, c’est que la lumière d’hiver traversant ces couleurs me donnait toujours le sentiment d’un ailleurs. Je passais des heures à faire glisser un vieux patin rouillé sur le plancher, en jouant à travers les reflets rouges et bleus que le soleil projetait, comme si j’étais moi-même dans le traîneau, fuyant je ne sais quel monde.
Aujourd’hui, en redécouvrant ce morceau de verre décoré, jauni par les années, je ressens cette piqûre douce de la mémoire — ce mélange de chaleur et de perte, où même le plus insignifiant objet peut contenir un pan entier de notre enfance. Et je me dis que peut-être, les souvenirs sont comme ces vitraux : ils ne prennent vie qu’à travers la lumière qu’on accepte de leur laisser passer.
Superbe texte Lilou pour ce thème, j’aime beaucoup la façon dont tu as fait parler ton enfance à travers cette vitrauphanie.
Désolée avec cette chaleur j’ai encore oublié ton défi.
Bonne semaine
Bises
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Chère Lilou,
Ton texte sur La Vitrauphanie est tout simplement magnifique et profondément touchant !
Tu as le don de transformer un thème en une véritable œuvre littéraire.
J’ai été complètement emportée par cette histoire de carreau oublié dans le grenier, serti de poussière et d’histoire. La manière dont tu utilises les anagrammes de vitrauphanie est sublime et incroyablement poétique. Le Pétunia en plein hiver, la naupathie, le taupier et ce vieux patin rouillé, s’intègrent avec une fluidité remarquable, donnant une profondeur inattendue à ton récit.
La description de la lumière d’hiver filtrant à travers les verres, projetant ses reflets colorés, est d’une beauté visuelle saisissante. J’imagine sans peine ces instants d’enfance où l’imagination s’échappe à travers ces jeux de lumière.
Et que dire de la sagesse de ton grand-père et de cette phrase finale si juste et si belle : 《 Les souvenirs sont comme les vitraux, ils ne prennent vie qu’à travers la lumière qu’on accepte de leur laisser passer 》. C’est une conclusion parfaite qui donne à ton texte une dimension philosophique et émotionnelle très forte.
Merci pour ce voyage nostalgique et poignant.
C’est un texte qui réchauffe le cœur et invite à regarder nos propres souvenirs avec cette même lumière.
Bravo Lilou, tu as un talent immense !
Bien amicalement, Marie Sylvie
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Certains souvenirs sont encore bien vivaces ! tant mieux pour les bons je dirais !!
Ok alors rv au 25 aout alors
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émouvant récit. Les objets ont une âme surtout ceux qui nous rappellent notre enfance et ceux qu’on a aimés et qui sont partis.
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Coucou Lilou.
Tu viens de nous raconter une très belle histoire. Qu’ils sont doux les souvenirs de notre enfance.
Bises et bon début de semaine – Zaza
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Très beau texte avec le mot mystère !! Si je lis bien, plus en quinzaine le futur…… Merci, amités, jill
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