
La République des Moustaches
À Hamelin, jadis, les rats étaient bannis, traqués dans les greniers, chassés de leurs nids. Mais un jour, le destin fit un tour de magie : les rongeurs prirent l’ordre et la haute régie. On ne vit plus d’humains aux conseils de la ville, Mais des rats en hermine, au regard fort habile. La règle était sacrée, nul ne la contestait : « Le petit gouverne, le grand lui obéit. »
Le maire était un rat, gras et plein d’assurance, qui gérait le trésor avec grande importance. Les hommes, disciplinés, nettoyaient les égouts, pendant que les mulots vivaient avec dégoût dans les palais de soie et les chambres dorées, grignotant les archives et les lois décrétées. On trouvait cela juste, on trouvait cela bon : « Puisqu’ils sont si nombreux, ils ont bien la raison !
Vint alors un joueur, étrange et solitaire, Qui soufflait dans un bois une note légère. Il ne charmait pas les rats vers la rivière d’eau. Il menait les hommes, tels un humble troupeau. Les habitants, ravis, suivaient la mélodie, quittant leurs vieux logis sans aucune tragédie. Ils allaient s’enfermer dans de sombres terriers, cédant toutes leurs clefs à leurs petits héritiers.
Un enfant demanda, la main sur un museau : « Pourquoi partons-nous tous au son de ce pipeau ? » Le Rat-Maire répondit, lissant ses moustaches : « C’est l’ordre du progrès, que personne ne fâche ! L’homme était trop brouillon pour gérer son destin, nous offrons le repos au genre humain enfin. »
Moralité
Quand le monde bascule et change de meneur, Chacun trouve sa place et même son bonheur. Car si le rat commande et que l’homme s’en réjouit, C’est que la liberté est parfois un ennui.