Le mot mystère – les textes 42- Unissonance


La Fugue du Couvent

Dans le silence de l’abbaye, une étrange unissonance s’éleva soudain, brisant le calme habituel des vêpres. Ce n’était ni un chant, ni un cri, mais une sorte de noise sourde qui semblait vibrer entre les pierres millénaires. La mère supérieure, une nonne au regard d’acier, fit un signe de la main pour exiger le silence. Nenni, la vibration persistait.

Elle y vit d’abord une véritable nuisance sonore, une perturbation indigne de ce lieu sacré. Pourtant, en tendant l’oreille, elle saisit chaque nuance de ce bourdonnement : c’était le son de fils de soie invisibles, tous noués entre les piliers de la nef par d’invisibles mains naines.

C’est alors qu’apparut le nonce apostolique, un homme au visage nasone — son nez proéminent semblant humer l’invisible — qui s’avançait d’un pas solennel. Il portait une nouvelle assez nocasse, un terme vieillot pour dire qu’elle était à la fois surprenante et légèrement désagréable : le chœur des anges, disait-il, avait décidé de faire grève, laissant la place à ce brouhaha terrestre.


et chez vous
CovixUn jour en front de mer …
Elealaureen
FrançoisLa frustration du soliste
EcrisdelleSuper Nonne
Jazzyà l’unisson avec maman
Jill BillLa voleuse de vedette
Marie Sylvie
La prière des dissonances
Martine martin La cacophonique
TortueLes ninas de Naoise
ZazaLa chorale du Monastère

Bravo pour tous vos textes merci de vos participations

A tout bientôt

8 commentaires sur « Le mot mystère – les textes 42- Unissonance »

  1. Ma chère Lilou

    Tu as relevé ce défi avec beaucoup d’élégance en utilisant le cadre d’une abbaye, ce qui colle parfaitement à l’étymologie et à la solennité du mot « Unissonance ».
    Bravo pour cette Fugue du Couvent !
    Non seulement le mot mystère s’intègre naturellement dans ce silence monacal mais ta maîtrise des anagrammes commençant par N est impressionnante.
    J’ai particulièrement aimé l’utilisation de termes rares ou vieillots comme « nenni », « nasone » ou « nocasse ».
    Ils apportent une texture presque médiévale et très authentique à ton récit.
    On sent la vibration de cette « noise » et l’agacement de la « nonne » à travers tes lignes. L’image des fils de soie « noués » par des mains « naines » apporte une touche de mystère presque fantastique qui rompt joliment avec le cadre sacré du « nonce ».

    Une participation très riche, à la fois poétique et érudite.

    Merci pour ce beau moment de lecture !
    Bien amicalement, Marie Sylvie

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  2. Eh bien, si les enages se mettent à faire grève, nous ne somme pas sortis de l’auberge.
    Bises et bon début de semaine, ma Lilou.
    Zaza

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