
Il va falloir gratter,
mais pas trop fort,
on ne sait jamais
si le passé est chatouilleux.
Sous cette vieille encre
qui fait semblant d’avoir tout dit,
il y a peut-être
une blague oubliée du Moyen Âge.
Un moine distrait
a peut-être écrit :
« penser à nourrir le chat »
entre deux prières très sérieuses.
Le palimpseste ricane,
il cache ses secrets
comme un vieux carnet
qui refuse d’avouer ses ratures.
Je gratte, je gratte,
et voilà qu’apparaît
une liste de courses millénaire :
pain, vin… et mystère.
Chaque couche effacée
est une couche de plus
dans le mille-feuille absurde
de nos grandes idées.
Finalement,
on n’efface jamais vraiment,
on empile,
comme des chaussettes orphelines.
Et si au fond
le sens de tout cela
était simplement
un gigantesque brouillon ?
Alors je gratte encore,
mais en riant doucement,
de peur de découvrir
que quelqu’un, avant moi, avait déjà abandonné.
Chère Lilou
Bravo pour ce palimpseste plein de fantaisie !
Tu as réussi à transformer un sujet technique en une réflexion savoureuse sur nos petits travers quotidiens qui traversent les siècles.
J’aime beaucoup l’idée que le passé puisse être
» chatouilleux » et que nous ne soyons au fond qu’un « gigantesque brouillon ».
Merci pour ce moment de lecture qui fait sourire tout en faisant réfléchir !
Bien amicalement, Marie Sylvie
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Art ancien du réemploi papier, bien joué avec ce mot nouveau pour moi, amitiés jill
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