Les plumes d’Asphodèle chez Soène – 8- mai


Soène

Chronique d’un dimanche de « génie »

Une petite tranche de vie rocambolesque où la poésie du XVIIIe siècle se cogne joyeusement au monde moderne.

Tout commença par un marivaudage numérique sur une application de rencontre. J’essayais de séduire une certaine « Éléonore » avec l’esprit d’un courtisan, mais mon téléphone, d’un âge canonique, décida de rendre l’âme au moment crucial.

Face à l’écran noir, j’ai tenté un bidouillage de l’extrême : un trombone, un peu de gomme à mâcher et une prière. Mauvaise idée. Non seulement le téléphone n’a pas redémarré, mais il a commencé à fumer en émettant un petit sifflement sarcastique. Apparemment, la technologie n’est pas mon apanage.

J’ai donc dû me résoudre à utiliser l’ordinateur de mon grand-père, un véritable héritage de l’époque de la guerre froide, pour lui envoyer un message d’excuse. En attendant que la page se charge (à la vitesse d’un escargot asthmatique), j’ai observé le paysage par la fenêtre : un voisin tentait de garer sa caravane dans un espace plus petit qu’une boîte à chaussures. Spectacle fascinant.

Soudain, un personnage haut en couleur a surgi dans ma chambre : mon petit frère, déguisé en Yoda pour une raison qui m’échappe encore. D’un air solennel, il me lâcha ce vieil adage totalement déplacé :

« À l’œuvre, on connaît l’artisan, mais au court-circuit, on reconnaît le crétin. »

Puis, redevenant sage le temps d’une seconde, il me tendit son propre smartphone dernier cri. Résultat : j’ai pu conclure mon rendez-vous, mais Éléonore pense maintenant que je parle couramment le langage « Wesh » à cause de l’auto correcteur de mon frère.

La technologie, c’est vraiment un naufrage, peu importe l’époque.

2 commentaires sur « Les plumes d’Asphodèle chez Soène – 8- mai »

Répondre à Jill Bill Annuler la réponse.