Ohé Mâtelôts !!! C’est Jill à la barre

et les mots : cacophie – soupir – portée
avec l’aide de ma cousine MÉLANIE que je remercie pour son coté déjanté.
La Portée-Cage
Dans la pénombre suintante de la crypte la petite portière-cage grince. La portée elle-même n’est plus une ligne mélodique, mais une grille de barreaux de fer d’une noirceur absolue, forgée par un Luthier de l’Enfer. Les notes ne sont pas des ronds noirs, mais des têtes minuscules et hurlantes de pécheurs, emprisonnées entre les lignes, dont les bras forment les hampes. Elles frétillent de panique. Un do dièse est un visage déformé par une douleur éternelle, un la bémol est un crâne avec une seule corne, et un fa, c’est juste un orifice béant qui recrache du soufre. La clef de fa est une serpe rouillée.
Le Professeur-Démon
Lui-même est une gargouille vivante, un professeur-démon-insecte à sept bras, dont un est purement une scie égoïne. Ses yeux sont des lanternes vides, et un sourire carnassier fige son visage en une grimace de satisfaction maniaque. De sa bouche, en guise de notes, sortent des nuées de mouches à viande qui forment des volutes de fumée noire en hurlant les instructions : « Plus vite, espèce de limace d’eau douce ! Plus de sang dans les trémolos ! ». Il tape le rythme non pas avec une baguette, mais avec une chaîne d’ancrage d’un navire négrier.
L’Élève-Martyr
Le petit élève est là, à genoux sur un tabouret clouté d’hameçons, son bandeau non pas de tissu, mais de fer barbelé tressé, qui s’enfonce dans ses tempes. Il n’a plus de doigts, mais des pinces de homard acérées et rouillées, et sa chair a été remplacée par du papier à musique en décomposition. Il pleure, mais ses larmes sont des gouttes de vitriol qui fument en touchant ses mains.
La Cacophonie Mécanique
Chaque touche du piano n’est plus un ivoire, mais un interrupteur d’un piège à loup. Le piano est une monstruosité d’engrenages et de crânes broyés. Quand le garçon appuie sur une touche avec sa pince, une petite guillotine s’abat sur une queue de rat vivante, déclenchant un cri suraigu. Un marteau frappe une cloche de fonderie fêlée. Un soufflet crache un soupir putride et glacial, une expiration de cadavre, qui sent le moisi et le regret éternel. De l’intérieur de la caisse de résonance, une cacophonie d’outre-tombe s’élève : des râles de mourants mêlés au grincement de métal contre os, un chœur dissonant de damnés qui chantent « Au clair de la lune, mon ami Satan… ». C’est insupportable, c’est délicieux, c’est l’harmonie du chaos absolu. Les rats d’égout du dessin sont plus gros et ont des visages de fonctionnaires corrompus.
La Leçon Infernale
Et le professeur se penche, ses sept bras le soutenant comme une araignée géante, et lui murmure à l’oreille : « Parfait. Et maintenant, on s’attaque à la « Sonate du Crâne Brisé » d’Igor Stravinsky, Opus 666. Et n’oublie pas : sur le point d’orgue, tu dois nous faire un soupir si profond que tout l’auditoire se videra de ses intestins. C’est ça, la musique des sphères d’égout. Joue, ou je te fais bouffer ton propre tabouret. »

Coucou Lilou
C’est excellent, je viens de me régaler.
Bises et bon début de semaine – Zaza
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Sacrée gargouille
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L’horreur absolue. Bravo tu es si douée dans ce style que j’ai aimé te lire. Non je ne suis pas sadique. Bisous
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Bonjour Lilou, eh ben….. On y va pas de piano mort ici 😉 Comment donner envie hein !!!! Même pas deux fois, merci, bon lundi croqueurs, bises jill
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