Défi du samedi – 941- Une histoire de ficelle

La ficelle qui refuse de prendre sa retraite

On la garde parce qu’elle pourrait servir. Et elle sert… un jour, peut-être.

La ficelle est un objet d’avenir.
On ne sait jamais lequel, mais on sait qu’il sera ficelé.
Alors on la range dans un tiroir, avec les élastiques, les boutons orphelins et les vis dont on ignore la provenance.
Et quand on ouvre le tiroir, elle a réussi à faire trois nœuds toute seule.
La ficelle ne vieillit pas : elle acquiert de l’expérience.

 La ficelle, véritable animal domestique

Et si ce bout de ficelle n’était pas un objet, mais une petite bête qui se déplace ?

J’ai beau la ranger, elle revient.
Je la pose sur la table : elle finit sous la chaise.
Je la mets dans un tiroir : elle ressort derrière le meuble.
Je commence à me demander si la ficelle ne serait pas un animal domestique.
Un animal discret, certes, mais qui laisse des traces.
Elle ne miaule pas, elle ne réclame pas à manger… mais elle adore se faire remarquer.

La ficelle, une affaire de famille

En regardant cette photo, je me dis que j’ai peut-être sous-estimé ma collection de ficelles.

Ce ne sont pas de simples morceaux abandonnés au hasard. Ce sont les membres d’une famille nombreuse, dont je devrais entreprendre la généalogie.
Tout commence avec l’ancêtre, une respectable ficelle d’emballage, probablement née dans un atelier ou récupérée sur un colis. Puis viennent les descendants : la ficelle de jardin, la ficelle de cuisine, la ficelle de rôti, la ficelle de paquet cadeau…
Certaines branches ont prospéré. D’autres se sont réduites à quelques centimètres, mais je refuse de les considérer comme éteintes. En généalogie, on ne sait jamais : un petit bout peut cacher une grande histoire.
Il y a aussi les alliances : la ficelle qui s’est unie à un ruban, celle qui a fréquenté un élastique, celle qui a été adoptée par un sac de courses.        
Et comme dans toute bonne famille, certaines ont disparu sans laisser d’adresse. Mais je garde espoir : un jour, au fond d’un tiroir, je retrouverai peut-être la ficelle perdue de 1987.

Et on oublie pas

La ficelle et la théorie du complot : Pourquoi y en a-t-il toujours une ? Parce qu’elles se multiplient en secret ! les ficelles s’organisent.

.La ficelle, symbole de notre incapacité à jeter : Nous vivons dans un monde où l’on jette tout. Mais la ficelle, non, parce qu’une ficelle, ça peut servir !

Défi du samedi – 931- Tisseurs de vide

Sous le chapiteau, le monde semble s’effacer. Il ne reste qu’un souffle, une lumière, et deux rubans de soie rouge qui descendent du ciel comme un chemin vers l’inconnu.

Peu à peu, les corps s’abandonnent. Ils glissent, se renversent, se balancent. On ne sait plus très bien où commence la terre, où finit le ciel. Suspendues dans leur écrin de velours écarlate, les deux artistes dessinent un langage que les mots ne savent pas dire.

Elles ne se regardent pas, pourtant elles se répondent. Entre elles circule cette confiance invisible qui permet de défier le vide. Chaque mouvement est une respiration, chaque silence une promesse. La soie les porte autant qu’elles l’apprivoisent, et l’on oublie la prouesse pour ne voir que la grâce.

Le temps ralentit. Le public retient son souffle, comme si un geste trop brusque pouvait rompre le fragile équilibre de cet instant. Les rubans deviennent des ailes, des voiles, parfois même des cocons où l’on aimerait s’abriter quelques secondes encore.

Puis vient le retour. Lentement, les étoffes se replient, les corps redescendent vers la piste. Le rêve se dissipe sans bruit, mais il laisse au fond des regards une étrange légèreté, comme si, l’espace d’un instant, nous avions tous appris à flotter entre ciel et terre.

Défi du samedi – 929- Charabia

Nous sommes dans la salle Imopomée II du Conseil des Sages où se discute la définition d’un nouveau mot. Glissons-nous dans un petit coin, écoutons !

Edamamon secrétaire perpétuel prend la parole :

Et bien aujourd’hui c’est la dernière séance avant les vacances ! Le grand conseil des sages sont réunis dans la grande salle. Et l’heure est grave car un mot est tombé dans la grande conversation informative. Charabia. Donc nous devons définir ce nouveau mot afin que nos administrés comprennent les textes de lois.
Je donne la parole à notre doyen.

Amon-Moumoute (94 ans, doyen des scribes, tapant avec sa canne) :
« Messieurs les momies ! L’heure est grave. Le peuple n’écoute plus nos décrets. Pourquoi ? Parce qu’ils disent que notre écriture sacrée, c’est du charabia. Alors je vous le demande : qui peut m’expliquer scientifiquement, en charabia d’époque, ce qu’est le charabia ? »

Képhren-le-Sourd (91 ans, la main derrière l’oreille) :
« C’est très simple, ô grand doyen ! Le charabia, par définition, c’est : « Skriboli- blabla-hotep, amon ! » Tu prends un grigouillibis, tu le mélanges avec un pachamina, et tu obtiens un kroum la momie, charabia. C’est pourtant de la haute philologie ! »

Mais non s’écrie Patarakhotep (88 ans, édenté mais enthousiaste) :
«, tu confonds avec le dialecte de la Basse-Marmite ! Le vrai sens du charabia, c’est une affaire de grammaire mystique : « Plickankh, Ramesès, titi! Ougadapharaon, tchou-pyramide. »
En gros, ça veut dire que si tu mets le dessin d’un canard à l’envers à côté d’un oignon, le texte se met à parler tout seul dans ta tête mais personne ne comprend. C’est l’essence même du concept ! »

Le Prêtre de Râ (Arrivant en retard, comme d’habitude) :

« Tout à fait d’accord ! Babouchibis, toutenslip ! On vote le décret et on va manger des figues ? »

Voilà la séance est levée s’époumone Edamamon et retenez la définition  officielle du mot charabia

La Synthèse Officielle du Conseil qui sera gravée sur tablette d’argile pour que les peuples suivant mettent des siècles avant de comprendre :

« Ô peuplades futures ! Retenez bien ceci : Le charabia-hotep est un tchikibi-boulon de l’esprit. C’est quand le scribe écrit avec son coude pendant que le pharaon ronfle. Zip -papyrus, gaspacho ! »

Défi du samedi – 926- Zazou

Une parodie « Laissez passer les Voyous  » d’après SIm

Laissez passer les zazous !
(Couplet 1)
Dans les rues de Paris, sous l’occupation,
Y a une drôle de bande qui crée l’agitation !
Ils s’en foutent des décrets, des cheveux bien tondus,
Ils ont des vestes longues qui leur tombent aux pendus.
Avec leurs parapluies qu’ils n’ouvrent jamais,
Et leurs grands cols blancs qui montent jusqu’au nez,
Ils swinguent au Pam-Pam, se fichent des jaloux,
Quand la police arrive, ils s’envolent d’un coup !

(Refrain)
Laissez passer les zazous !
Ceux qui ont de la pagaille dans les genoux !
Laissez passer les zazous !
Avec leur look complètement fou !
Ils ont des semelles en liège de trois mètres de haut,
Et des vestes à carreaux qui font peur aux corbeaux !
Attention, voilà les zazous,
Faites de la place, ou ils vont danser sur vous !

(Couplet 2)
Pour être un vrai zazou, faut pas être discret,
Faut une touffe de cheveux façon nid de pivert.
Tu t’habilles en fripes, tu mets des grands carreaux,
Et tu traînes tes guêtres du côté du métro.
Tu parles un anglais que personne comprend,
En écoutant du jazz en criant : « C’est épatant ! »
Ils n’aiment pas le rationnement, encore moins les uniformes,
Dès qu’on leur dit « Carré », ils répondent « Hors-normes ! »

(Refrain)
Laissez passer les zazous !
Ceux qui ont de la pagaille dans les genoux !
Laissez passer les zazous !
Avec leur look complètement fou !
Ils ont des semelles en liège de trois mètres de haut,
Et des vestes à carreaux qui font peur aux corbeaux !
Attention, voilà les zazous,
Faites de la place, ou ils vont danser sur vous !

(Pont – sur le ton parlé de Sim)
(Parlé) : Non mais vous les avez vus avec leurs pantalons trop courts et leurs cravates en ficelle ? Et ils appellent ça de la musique ! Swing, swing, swing ! Ah, mon pauvre monsieur, tout fout le camp ! Heureusement qu’ils ont de belles chaussettes blanches, au moins on les repère dans le noir !

(Couplet 3)
Les grincheux les regardent avec des yeux ronds,
En disant : « Ces jeunes-là mériteraient la prison ! »
Mais les zazous s’en moquent, ils préfèrent swinguer,
Sur un vieux disque de jazz qu’ils ont déniché.
C’est leur façon à eux de faire de la résistance,
Avec de l’insolence et un pas de danse !

(Refrain final)
Laissez passer les zazous !
Ceux qui ont de la pagaille dans les genoux !
Laissez passer les zazous !
Avec leur look complètement fou !
Ils ont des semelles en liège de trois mètres de haut,
Et des vestes à carreaux qui font peur aux corbeaux !
Attention, c’étaient les zazous…
(Crié à la Sim) : Et swing !!