Mil et une la suite – 126 – Diabolo

Miletune

Diabolo a sommeil ! il rêve bien sûr mais à quoi ?

Hier sa mère lui a raconté comment c’était une souris. Il n’en avait jamais vu lorsque sa mère lui avait déposé sous les moustaches un corps démembré. Il avait eu du mal à rassembler des morceaux pour que cela ressemble à quelque chose.

Aujourd’hui, il rêve d’un oiseau ! C’est quoi dis- maman un oiseau ? Sa mère lui a répondu qu’il devait l’imaginer avant de pouvoir le chasser ! Il sait quoi au juste. L’affaire possède un bec des ailes des pattes ah oui mais deux une tête avec deux yeux ; un de chaque coté ! un vrai puzzle ! Diabolo ouvre un œil. Il aperçoit aussi quelques plumes. Oui mais où les mettre ces plumes ! Oh qu’il a sommeil Diabolo !

Bon si je mets les pattes sur la tête cela ne va pas. Ah mais il a une grande queue aussi.C’est par là que je vais le choper le machin qui me nargue ! les ailes sous le ventre ? Non il reste encore des morceaux. Diabolo ouvre un oeil. Il a soif, mais il n’a pas le courage d’aller chercher la goutte d’eau dans le bassin. Mais au fait dans le bassin aux poissons, il y a des oiseaux qui viennent boire. Courageusement, Diabolo il ouvre le deuxième œil, juste au moment où une mésange lui passe sous le nez.

Pas le temps, elle est partie. Diabolo se rendort.

Les crôqueurs de mots – Je me souviens

Je me souviens ! Défi 301 mené par Les Cabardouche !

Publié le 3 Février 2025

Je me souviens de mon entrée à la maternelle perdue au milieu de la foule de gamins enrubannés.
Je me souviens de la petite robe blanche avec des volants brodés smockée de bleu.
Je me souviens de la pince qui me perce les oreilles pour mettre de belles créoles.
Je me souviens du moulin à café mural qui dansait sous mes yeux quand je me réveillais;
Je me souviens des premières sorties en voitures. Eh oui mon père mécano avait une Rosalie.
Je me souviens des vacances dans le midi ? non ! mais des moustiques qui m’ont dévorée oui !
Je me souviens d’un petit manteau vert que ma mère a emballé avec d’autres fringues pour les enfants l’hiver 56 aussi froid que l’hiver 54. et des pleurs versés à cette occasion.
Je me souviens de pochette de crayons de couleurs, de sa couverture : un petit « négrillon » adorable avec des yeux mobiles ; tout le monde m’enviait.
Je me souviens des mois de colo et du slogan : « la mésange toujours chante »
Je me souviens du petit vélo avec lequel on faisait des concours de descente avec les copains quand je passais des vacances chez ma grand-mère ; et de la gamelle qui s’en suivit.
Je me souviens plus tard de la maladie qui me vit rester couchée pendant de longs mois
Je me souviens du sourire du médecin qui m’a permis de me lever le jour de mon anniversaire
Je me souviens du changement d’appartement, je n’aimais pas ce quartier ! le vieux Lyon est tellement beau
Je me souviens de ses cours de piano qui me barbaient et qui ont duré si longtemps pour un résultat médiocre.
Je me souviens que j’ai gardé le petit diplôme obtenu en consolation.
Je me souviens des manifestations quand ma mère rentrait sans manteau ni chaussures.
Je me souviens aussi de la porte qui s’ouvre nuitamment sans avoir conscience du danger qui allait me tomber dessus.
Je me souviens de l’amour de ma chienne Diane qui me consolait et léchait mes larmes.
Je me souviens de Thierry la Fronde et oui mais en cachette car je n’avais pas droit à la télé.
Je me souviens du premier livre lu sans le lâcher : « Vent d’est vent d’Ouest »
Je me souviens avoir dévoré les polars d’Agatha Christie que je relis encore parfois.
Je me souviens de ma première paie mais pas comment je l’ai dépensée.
Et puis je me souviens un grand bond dans le temps la naissance de ma première fille et de la sensation de liberté que j’ai ressentie.
Et j’arrête là mais la liste n’est pas exhaustive.

Le mot mystère 13 – le mot

pour le 17 février 2025

voici le tirage – 11 lettres – nom feminin

Amusez-vous bien !

A vos dicos et pensez à mettre un titre à votre texte si vous pouvez bien sûr

écrire un texte avec les mots trouvés et cerise sur le gâteau en rapport avec le mot mystère

Les crôqueurs de mots –

Je reviens après une longue absence et je me suis mise de suite à la barre. Après quelque tâtonnement bien sûr mais c’est comme le vélo cela ne se perd pas. Je vous ai proposé un thème encore d’actualité puisque les vœux sont toujours de mise.

Pour animer la galère de l’Amiral, je m’y colle cette semaine, comme annoncé, 

https://lilousoleil.com/2025/01/20/les-croqueurs-de-mots/.

Aussi le grand méchant loup présente ses vœux à Mère Grand

Ma chère Mère-Grand, la plus délicieuse des grands-mères,

J’espère que cette nouvelle année vous trouve en pleine forme et toujours aussi appétissante !

En cette occasion, je voulais vous présenter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Je sais, je sais, la dernière fois que nous nous sommes vus, les choses ne se sont pas exactement passées comme prévu. Mais ne vous inquiétez pas, j’ai bien appris de mes erreurs. Plus de blagues de mauvaise goût sur les grands yeux et les grandes oreilles ou les grandes dents. Promis juré, craché !

J’ai suivi une thérapie de groupe intensive pour mieux gérer mes pulsions, et je peux vous assurer que je suis désormais un loup totalement réformé. J’ai même envisagé de devenir végétarien, avec le professeur Marlaguette. Celle-ci est bien plus intelligente que votre Chaperon Rouge. Vous m’excuserez de vous le dire tout de go ! Cependant j’avoue que les carottes et la tisane, ça manque un peu de piquant ; quelques épices sont nécessaires. Je quelques poules ou quelques moutons me conviennent. Régime sans l’humain. D’ailleurs votre chair n’est pas assez tendre Mère Grand et vous manquez d’oméga 3.  

Pour vous prouver ma bonne foi, je passe mes journées à lire des livres de développement personnel, à méditer en forêt et à faire du bénévolat à la SPA pour montrer l’exemple. Qui aurait cru que le Grand Méchant Loup deviendrait un influenceur bien-être ?

En parlant de bien-être, j’ai entendu dire que vous aviez un jardin extraordinaire et quelques lapins. Je serais ravi de venir vous rendre visite. Nous pourrons un jour partager un thé infusé aux baies de genièvre pour une touche de fraîcheur dans la plus grande convivialité. J’ai entendu dire que vous faisiez de délicieuses galettes. Si vous en avez une à me proposer, je suis preneur ! Mais cette fois, je promets de ne pas la manger d’un seul coup.

Avec mes crocs les plus amicaux,

Le Grand Méchant Loup

Le mot mystère 12 – le mot

pour le 03 février 2025

voici le tirage – 14 lettres – nom feminin

Amusez-vous bien !

A vos dicos et pensez à mettre un titre à votre texte si vous pouvez bien sûr

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Mil et une la suite – 122 – Quand Jean…

Miletune

Pauvre Jean

Quand je vois cette photo, si belle si colorée, je ne peux m’empêcher de penser à cette histoire que l’on se raconte chaque fois que l’hiver approche.
Jean, homme fort, courageux toujours habillé avec sa chemise à carreaux du Canada, prend sa hache et s’en va vers la remise pour couper son bois. Sûr qu’au mois de novembre c’est un peu tard dans la saison mais Noélie, sa compagne l’a quitté, sur un malentendu et elle est partie convolée avec Justine l’ex de Jean. Le pauvre bougre a mis plus de trois mois pour se remettre de cette trahison.

Alors qu’il est en pleine action, un jeune de bel indien, plume au chapeau passe par là et tout en lui disant bonjour, il lui signifie que l’hiver va être rude. Jean qui pensait que son stère était suffisant pour l’hiver décida de continuer encore un peu. Un peu plus tard, le bel indien repasse près de lui, voit le tas de bois grossi et hoche la tête et dit :
« L’hiver sera rude et même très rude ! »
Dubitatif, Jean regarde son tas de bois évalue les stères et se dit que si le bel indien, autochtone lui dit qu’il fera froid et même très froid, c’est que cela va être terrible.
Il décide donc de couper encore quelques troncs. A la fin de la journée, Jean est épuisé mais très content. Il aura chaud cet hiver. Son poêle acheté avec Noélie sur un coup de cœur, va ronfler de toutes ses flammes et avec Totore, sa chienne patou, il va couler des jours tranquilles.
Alors qu’il se débarrasse de ses vêtements trempés de sueur, le bel Indien revient et lui dit dans un grand sourire :
« l’hiver sera froid très froid, rude très rude ! »
Jean est décontenancé. Pourtant au tonnage de bois entassé devant la terrasse, il pensait que finalement c’était bien suffisant. Agacé par cet olibrius, il finit par lui demander :
« Et pourquoi l’hiver sera froid, très froid et rude très rude et pourquoi pas glacial ? tant que vous y êtes ! »
Le bel indien caresse sa barbe de cinq jours et lui déclare :
« Chez nous on dit que quand l’homme blanc coupe du bois c’est que l’hiver sera rude ! »
L’indien entendit soudain le bruit d’un corps qui tombe ! Jean s’était évanoui !

Mil et une la suite – 122 – Le pianiste d’Alicia

Miletune

Alicia était là comme chaque jour depuis une semaine, après l’école. Il avait plu, une pluie orageuse qui avait laissé quelques flaques qui amusaient les enfants surtout les plus petits. Autour de lui, les passants vaquaient à leurs occupations ; certains pressés faisaient fi des trottoirs glissants d’autres prenaient leur temps et musardaient leur cabas à la main contemplant les vitrines qui à cette heure du jour commençaient à s’allumer. Lui, il ne voyait rien. Il était pris par la musique ; il la vivait au point d’oublier qu’il était installé devant un bistrot, qu’il faisait la manche pour gagner trois sous. Il jouait jouait jouait malgré l’humidité de son blouson malgré ce piano droit qui n’avait rien à voir avec son piano de concert.

Ah ! les concerts, il se souvenait de son rêve. Il s’était vu à Pleyel ou Berlin ou Carnagy Hall. Il se souvenait de Diane, violoniste avec qui il voulait monter un duo et en attendant ils s’étaient mariés et très vite Alicia était venue au monde, un bébé qu’il adorait. Mais rien de tout cela. Alors qu’il était promis à un avenir de concertiste brillant, un stupide accident, un bras brisé et le pouce broyé avait mis fin à sa carrière. Il s’imposa une rééducation longue et difficile pour récupérer de la dextérité, rééducation durant laquelle Diane le quitta emmenant Alicia avec elle, pour s’installer en Suisse, auprès de ses propres parents pendant qu’elle parcourait le monde avec les plus prestigieux orchestres.

Malgré son courage jamais il ne put revenir à un niveau international.

Maintenant il vivotait de quelques cours de musique et pour assurer un petit complément il était là le soir et essayait de faire connaître la musique, la grande musique.

Et puis un jour, Diane, revenue s’installer dans cette grande ville, l’avait aperçu. Elle en  avait été bouleversée et les remords se réveillèrent. Elle avait alors confié à Alicia que cet homme était son père. Bien sûr elle lui avait racontée quelques histoires à propos de lui mais les mots étaient un peu évasifs. Diane ne put empêcher sa fille de se rendre chaque jour rencontrer ce père qu’elle ne connaissait pas encore.

Voilà pourquoi Alicia calée comme le tronc d’un platane, venait l’écouter, l’entendre subjuguée par ses mains qui couraient qui caressaient les touches comme le souffle de la  brise.

Elle sait qu’il la voit. Sait-il qui elle est ? Osera-t-elle lui parler ? Moi je crois que oui.

Mil et une la suite – 118 – logorallye

Miletune

le concert

Les spectateurs étaient installés, les oreilles largement déployées, l’attention était à son comble.
Dans la vieille forteresse, ainsi nommée car la vieille église était bâtie avec les pierres du château moyen âge, huit compères sexagénaire au demeurant, amis comme cochon depuis la maternelle avait organisé un concert pour la saint Sylvestre. Ils étaient fins prêts.
L’idée, aussi sotte que grenue, avait germé dans l’esprit de Jean alors qu’il écoutait la fantaisie de Schubert, tandis qu’il tournait la sauce tomate bolognaise avec sa cuillère en bois transformée pour l’occasion en baguette de chef d’orchestre.
Contactés, les sept autres énergumènes avaient de suite souscrit à la proposition de Jean, histoire de s’amuser.
Ou mais quels instruments ? et où ? Mais bon sang mais c’est bien sûr, la vieille église un vrai palais pour l’acoustique. Et puis cela lui redorerai le blason, la remettrait au centre du village. On ne va pas se mentir, la messe n’est plus ce qu’elle était ; elle ne fait plus recette. Depuis longtemps les curés sont des baladins itinérants qui colportent la bonne parole de village en village.
Bon le lieu trouvé, quels instruments. Nos compères sont une équipe de bras cassés qui, s’ils entendent la musique ne savent pas l’interpréter. Et puis quelle œuvre ?
Le boléro ? la fantaisie de Schubert ? Ah non s’écrièrent en chœur Anatase, Fuschia et Zozine. Le 31 décembre c’est le « beau Danube bleu » ou bien la « Marche de Radetzky »
Protestation d’Urbain et timoléon qui préféraient le concerto pour violoncelle de Saint Saëns ! Finalement c’est Jean qui en chef d’orchestre eu le dernier mot. Il choisit un œuvre de Poulenc en hommage au petit poulain né la nuit dernière et baptisé Francis.
Dans la sacristie, on dégotta une vieille harpe bien désaccordée mais qui ferait l’affaire.
A vingt heures pétantes : Jean, baguette en main accueillit les musiciens en son palais musical
Procule lui ne sachant que siffler avait attrapé le sifflet ultrason ce qui fit venir le chien Dodo qui aboya joyeusement.
Fuchsia arriva avec une casserole et une louche en cuivre et tapa généreusement imaginant la tête de son époux volage.
Eubiote égrena quelques notes aigrelettes à la harpe qui eut envie de sortir de ses gonds (harpe à gonds) bien sûr.
Quant à Zozine, elle étala sa collection de verres plus ou moins rempli d’eau actionnée de quelques goutte eau de Javel pour imaginer qu’elle était bénite et tapotait sur le faux cristal avec fourchette et couteau.
Timoléon se déclara ténor e fut accompagné d’Anatase en chœur.

Sans aucun doute un orchestre naquit cette nuit là !

Mil et une la suite – 117 – l’orange

Miletune

la romance de l’orange et du couteau

Dans une cuisine baignée par la lueur dorée du matin, un couteau aiguisé à la lame scintillante reposait sur le plan de travail. Il était fier, robuste, mais portait en son cœur de métal une solitude qu’aucune coupe ne pouvait trancher, comme une ceinture invisible le serrant de l’intérieur. À côté de lui, dans une assiette de fine porcelaine de Limoges, se trouvait une orange à la peau lisse et vibrante, un soleil miniature capturant la lumière. Elle était ronde, douce et débordante de jus et de mystères.

Le couteau l’observait, fasciné. « Quelle créature radieuse », pensait-il. Mais il savait que leur destin était cruel : il était conçu pour la couper, pour déchirer sa peau et révéler son intérieur juteux. Une part de lui en frémissait, entre l’excitation de la découverte et la culpabilité de ce qu’il était sur le point de faire.

L’orange, de son côté, sentait le regard du couteau. Elle avait entendu des histoires dans le bol, des murmures sur ce qu’il faisait aux siens. Pourtant, elle était intriguée. Sa présence était froide, tranchante, mais il y avait dans cet éclat argenté une sorte de beauté brutale qu’elle ne pouvait ignorer.

Un jour, le couteau trouva le courage de lui parler.

— Orange, douce sphère solaire, je suis fasciné par toi. Mais je crains que notre rencontre ne soit que destruction.

L’orange, touchée par cette confession, répondit doucement :

— Couteau, noble lame, je sais quel est ton rôle. Mais peut-être que dans la déchirure, il y a aussi une vérité, une union que nous ne comprenons pas encore.

Le couteau frissonna. « Union », murmura-t-il. Et alors, avec une délicatesse infinie, il entama sa danse. Il effleura la peau de l’orange, traça des courbes qui révélèrent la pulpe lumineuse en dessous. L’orange se sentit vulnérable, mais étrangement vivante, comme si chaque entaille lui donnait une voix qu’elle n’avait jamais eue.

Quand enfin l’orange fut ouverte, son parfum emplit l’air, envahissant la cuisine d’une douce chaleur. Le couteau contempla son œuvre, bouleversé par la beauté qu’il avait révélée mais aussi par le sacrifice qu’elle représentait.

— Merci, murmura l’orange. Maintenant, je suis partagée, mais je suis plus que ce que j’étais.

Le couteau ne répondit pas, mais il sut qu’en cet instant fugace, ils avaient partagé quelque chose d’unique. Une union dans l’acte, une éphémère étincelle de complicité dans la grande tragédie de leur existence.

Et ainsi, dans la cuisine baignée de lumière, le couteau et l’orange trouvèrent leur propre forme d’amour — poignante, douce, et pleine de sens.

Mil et une la suite – 114 – l’épicerie

Miletune

la boutique des souvenirs

Oh la vitrine ! je me souviens bien de cette petite boutique de mon petit village de vacances.

C’est le cœur battant que je regarde cette peinture verte pipi qui autrefois m’attirait le regard bien avant de pénétrer dans cette vaste pièce qui regorgeait. Les étagères croulaient sous les bocaux en verre remplis de bonbons colorés. Ah ils nous attendaient les bonbons ! Avec les copines nous nous débrouillons toujours pour nous échapper à la surveillance où trouvions divers prétextes pour nous donner rendez-vous devant la borne qui indiquait le lieu-dit. Peu nous importait des efforts que nous devions déployer pour grimper la pente raide avec nos vieux vélos dont les freins laissaient à désirer.

Chaque fois que je pénétrais dans la boutique, la seule du village, une bouffée d’odeurs et de saveurs me prenait la gorge, le nez, les oreilles. Oui, oui les oreilles car le tictac du vieux coucou en bois bruissait dès l’ouverture de la porte. L’odeur forte du tabac, ce poison réservé aux « grands » dominait l’air un peu vicié. Puis j’identifiais tour à tour, le parfum de l’eau de Cologne à la lavande qui stagnait dans des petits tonneaux, l’odeur de la javel et autres produits de lessives. Ensuite les épices me caressaient les nez ; un peu poivrées aromatisées de thym et romarin. Dès que j’avais fait quelques pas, les cageots de salades et de légumes se mettaient en travers du passage et enfin derrière la banque vitrée réfrigérée, les fromages de chèvres made in village exhalait leurs effluves rivalisant avec le jambon qui trônait sur la machine à découper manuelle attendant que des tranches soient débitées. Ma grand-mère, complice de nos échappées me commandait toujours deux ou trois tranches. Elles étaient épaisses et rugueuses ; rien à voir avec les feuilles de papier à cigarette de nos super- marchés.

Je me souviens qu’un jour, avoir été missionnée pour des courses. Bière, limonade, vin etc. J’avais mis les bouteilles dans mon panier attaché avec un sandow sur le porte bagage de mon biclou. Bien sûr catastrophe. Je me suis retrouvée comme Perrette…

Aujourd’hui, je contemple cette devanture. Si les plaques de publicité sont restées, si les chats du coin sont toujours là s’accrochant au rideau anti mouche, il ne reste que des souvenirs d’enfants ; de cette enfance pas toujours joyeuse mais qui attrapait des moments de bonheur.