Le Lakévio du goût – 178ème devoir – Aldo Balding

Le Goût des autres

La Pianiste

C’était enfin le grand jour ! Celui du concours, celui qu’elle attendait depuis tant d’années de travail et de sacrifice. Ce concerto de Brahms la subjuguait. Et pendant cette longue introduction, elle pense qu’elle a cette chance inouïe de jouer devant que dis-je devant,  avec Carlos le grand chef en vogue du moment et dont elle est éperdument amoureuse. Elle a choisi avec soin le maquillage qui mettrait en valeur son visage ovale, ses cheveux auburn et assorti à son teint légèrement hâlé.

Quant aux lunettes ; elle voudrait bien s’en passer mais elle a fait contre mauvaise fortune bon cœur et choisi ces montures légèrement arrondies et qui font briller ses yeux.  

Carlos joue de la baguette, les violons scient leur boites et Iris se prépare, Iris ne tremble plus, le menton droit, elle passe ses mains machinalement sur la soie rouge carmin qui recouvre ses cuisses pour préparer ses mains, son esprit qui envisage sa musique ;  c’est un petit rite que lui a conseillé un naturopathe.

 Iris lève la tête, plante son regard dans celui de Carlos qui lui adresse un signe discret, encourageant en retour et pose énergiquement ses doigts sur les touches. Dès la première note elle sait qu’elle a gagné.

Le Lakévio du goût – 178ème devoir – Aldo Balding

Le Goût des autres

La Pianiste

C’était enfin le grand jour ! Celui du concours, celui qu’elle attendait depuis tant d’années de travail et de sacrifice. Ce concerto de Brahms la subjuguait. Et pendant cette longue introduction, elle pense qu’elle a cette chance inouïe de jouer devant que dis-je devant,  avec Carlos le grand chef en vogue du moment et dont elle est éperdument amoureuse. Elle a choisi avec soin le maquillage qui mettrait en valeur son visage ovale, ses cheveux auburn et assorti à son teint légèrement hâlé.

Quant aux lunettes ; elle voudrait bien s’en passer mais elle a fait contre mauvaise fortune bon cœur et choisi ces montures légèrement arrondies et qui font briller ses yeux.  

Carlos joue de la baguette, les violons scient leur boites et Iris se prépare, Iris ne tremble plus, le menton droit, elle passe ses mains machinalement sur la soie rouge carmin qui recouvre ses cuisses pour préparer ses mains, son esprit qui envisage sa musique ;  c’est un petit rite que lui a conseillé un naturopathe.

 Iris lève la tête, plante son regard dans celui de Carlos qui lui adresse un signe discret, encourageant en retour et pose énergiquement ses doigts sur les touches. Dès la première note elle sait qu’elle a gagné.

Mil et une la suite – sujet 65- histoire de pomme

Miletune

Vous avez dit trognon ! Pom pom pom pom ! Le phono déverse son Beethoven comme la pluie de novembre tombe sur les toits. La pomme rescapée de Blanche Neige se mire dans la glace de la vieille sorcière. Ah mais Madame vous z’êtes trognon ! Si si trop belle ! Aussi belle qu’avant d’avoir été croquée par tous les bouts, rouge vif, rouge carmin vous brillez Madame, reste même pas la queue, pourvu qu’il n’ait pas que les pépins !    Mais non d’une pipe en bois, sans controverse,  ceci n’est pas une pomme, c’est un ersatz tout grignoté.  Encore faut-il s’estimer heureux, Blanche Neige, que tu ne sois pas en compote !  Allez tiens je t’offre un beau livre pour enfant Trognon et Pépin !

Le goût des autres – devoir 175- devoir de Lakévio – Automne

Le Goût des autres

Devoir de Lakevio du Goût N°175

Parce que les bouleaux effeuillent sur la route
Des petits cœurs jaunes et parce que le matin
L’araignée dans sa toile capturant les gouttes
De la tendre rosée éblouit le jardin,

Parce qu’une aile noire à coté d’une autre aile
En s’ajoutant change en fil d’hirondelles
Les fils du téléphone tremblants au-dessus des maisons
Parce que le brouillard mauve habille l’horizon,

Et parce que les pas sur le chemin montant,
Froissant le serpolet, ne chassent plus autant
Les papillons cendrés qui s’envolent
Parce que les enfants retournent à l’école

Avec leurs longs tabliers neufs, j’entendrai dire un jour
D’un certain air songeur : « L’automne est de retour »
Et d’avoir entr’ouvert mon cœur à son attente,
A l’heure où les troupeaux se hâtent par les sentes,
Il fera sur le soir doux et triste à la fois
Comme si le ramier roucoulait dans les bois.

Le goût des autres – devoir 174 – les gaffes

Le Goût des autres

Le concours

Je devais avoir une dizaine d’années quand après quelques années de mauvais piano ; on me fit la cour pour participer à un concourt de la radiodiffusion française ! Oui oui un vrai concourt, avec des profs chevronnés et intransigeants. Et là de deux choses l’une dois-je obéir à mes parents surtout ma mère en l’occurrence et mon prof de piano ou dois-je suivre mon instinct qui me suggère de rester tranquillement à ma place c’est-à-dire une élève plus que moyenne fainéante que les cours deux fois par semaine barbaient au plus au point. J’ai cédé bien sûr car à dix ans on n’a pas vraiment le choix et j’ai écouté les sirènes d’un diplôme supérieur du Royaume de la musique. Une ligue contre moi pour le forcer à un « travail » qui me prenait du temps de jeu avec les copines ! d’ailleurs les copines je n’en avais plus beaucoup du fait du travail pianistique.

Alors me voilà vêtue de ma jupe à petit froufrou et de mon corsage blanc immaculé à poignet trempe sauce, cela faisait partie du complot pour que je bascule dans le piège. J’avance lentement mes souliers vernis me font souffrir car neufs et pas encore chaussés ; je suis restée deux heures à attendre mon tour à écouter les virtuoses en herbe jouer des prouesses techniques en tapant sur les touches noires et blanches. Donc j’avance et je m’assieds sur le tabouret tapissé de velours rouge grenat aussi rouge d’ailleurs que mes joues. Je connais par cœur le morceau la « Tristesse »de Chopin. Mais j’ai une version transcrite pour les débutants et surtout je n’ai pas voulu me fatiguer à apprendre un petit Bach.

Comme vous vous en doutez ce fut une catastrophe. D’abord, il faut le dire le trac et c’est bien normal ensuite je n’ai pas réglé mon siège et mal assise pas moyen de toucher les pédales que l’on ne m’avait pas appris à utiliser ; enfin reprise et cette fois les pédales firent résonner les cloches dans tout le studio et à contre sens. Et voilà que mon pouce s’est pris dans les volants poignets trempe sauce. Ce fut la fin de tout.

Comme je m’en suis sortie, un diplôme de consolation me fit entrer dans ce Royaume dont je ne voulais pas être sujet. Peut-être que en jouant le jeu (sans jeu de mots) j’aurai enfin pu me dépêtrer de cette obligation.

Si encore à la suite de cet échec pas très douloureux, on m’avait laissé vivre ma vie. Mais non ! Comme quand on tombe de cheval, il faut remonter en selle ! j’ai donc dû continuer toujours aussi flemmarde.

Ne vous y trompez pas, j’adore la musique et surtout classique  jouer par les autres c’est magnifique.

Mil et une la suite – sujet 61- Logorallye

Miletune

A la manière de Robert Desnos

Un despote en escarpin sur la banquise jouant d’un stradivarius à en perdre l’ haleine, ça n’existe pas. Mais lorsque celui-ci déguste une crème chantilly agrémentée d’un zeste de citron dans la brume et assis tout de bizingois alors là…

Ça n’existe pas non plus ! Ou alors il y a nécessité de consulter en urgence mais ce n’est que mensonge ! Ça n’existe pas plus qu’une fourmi de dix mètres de long.

Mil et une la suite – sujet 60- correspondance

Miletune

correspondance

Puisque tu te plains de mes pattes de mouches, je me résous à t’envoyer un mail.

Seulement tu ne viendras pas te plaindre qu’il a disparu. Que la corbeille de ton ordi, a fait son office et que tu oublieras mes lignes ; Toi qui adore la correspondance épistolaire, toi qui aime sentir l’encre marron que distille ma plume au fil des mots, toi qui aime chiffonner le papier pour mieux le lisser ensuite et essayant de lire dans les creux et les lignes formés, comme si c’étaient les lignes de la main.

Ne viens pas me dire que la communication est froide et impersonnelle : les belles lettres, les pleins et les déliés te manqueront. Comment, il faut en plus que je cherche une police adaptée ? alors là non pas question. Et puis que vient faire la police dans notre courrier ?

Le goût des autres – devoir 172- Le vieil homme triste – Vincent Van Gogh

Le Goût des autres

Devoir de Lakevio du Goût N°172

Le vieil homme triste

Pourquoi a-t-il fallu qu’à l’automne de ma vie, je lui avoue que je l’avais trompé. C’est bien simple quand nous allions faire les moissons, à l’ombre des meules de paille, nous faisions pranière (la sieste) mais pas que ! Dédé était là à me tourner autour et je n’ai pas résisté. Pourquoi Emilie n’a pas compris ! A l’heure de la retraite bien méritée, j’avais espéré que avouer mes péchés à mon épouse, me serait pardonné si ce n’est par Dieu (je ne crois pas ) par elle. Tant d’années ensemble c’est un ciment non ? J’avais rêvé de voyage, de balades dans la campagne avec Toby, sur des chemins lumineux, en dehors des champs à cultiver. J’avais rêvé aller à la pêche à la sardine, j’avais rêvé encore et encore de tant de choses !

Mais voilà je tourne en rond dans une solitude pesante. Dépité, voilà ce que je suis dépité. Je suis dans le désert, pas sobre comme un chameau et l’humeur chagrin. Emilie est partie après avoir tout  détruit sur son passage ;  une vraie tornade. Je ne pensais pas provoquer une telle réaction.  Ce qui me fait le plus mal, elle a brûlé mon fauteuil préféré celui avec du cuir havane, dans l’âtre les restes rougeoient encore. Même Toby l’a suivie. Elle ne m’a laissé qu’une chemise et une pantalon le bleu de travail comme elle disait.

Le froid le mord. La cheminée a englouti les vestiges de sa vie.

Le goût des autres – devoir 173 – Emile Friant – Ne me quitte pas !

Le Goût des autres

Ne me quitte pas !

Ma chérie, ne me quitte pas  oh non ne me quitte pas !

Vois-tu je t’ai trompé c’est vrai mais tout peut s’oublier. Tiens le temps s’enfuit déjà alors pourquoi tant de malentendus.

Comment qu’avait-elle de plus que toi ? Mais rien rien du tout ! enfin si elle avait des atouts que tu me refuses mais ne me quitte pas ne me quitte pas.

Tu veux des cadeaux ? Je t’offrirais des perles venues de loin de très loin. Oh ne t’emballe pas, des perles de pluie simplement ; elles ne coutent pas grand-chose et ton cœur sera rempli de bonheur. Vois-tu je n’ai pas les moyens de couvrir ton corps d’or, la lumière suffira.

Non ne me quitte pas ! Qui gèrera le domaine que ta dot va payer ? Il faut bien qu’il rapporte, je ne veux par creuser la terre jusqu’après ma mort ? C’est ce que veux, ma mort ? Oh non ma chérie, ne me quitte pas. Vois-tu les mots insensés que tu attends, je ne peux les inventés, mes connaissances littéraires sont limitées.

Mais non ne me quitte pas, même ton chien ne le souhaite pas ! Qui l’emmènerai en balade ?

Bon j’en ai assez dit, si tu me quitte, je me tue ! Ah je vois tu tu ne me crois pas, tu as raison ; mon cœur n’est pas un volcan qui renait de ses cendres.

Ne me quitte pas ne me quitte pas !

Merci à Jacques Brel et pardon pour ce détournement 


Mil et une la suite – sujet 58 – La vieille cabine

Miletune

Le mot facultatif :  martien

La vieille cabine

Ah te voilà toi la cabine prodigue !

Tu t’imaginais quoi ? Que la vie ailleurs était meilleure. Que les gens pressés allaient bondir dans ton espace pour prendre un combiné téléphonique ? Non mais tu as rêvé ! Franchement tu pensais que, engoncés dans ce coin presque insalubre, rempli de graffitis et d’odeurs corporelles identifiables ou non, les téléphoneurs allaient te faire la fête comme un chien remue la queue de bonheur. Si on t’a virée du square c’est parce que tu ne servais plus à rien. Chacun s’amuse maintenant avec un nouveau doudou, un petit tout petit boitier coloré que l’on glisse dans la poche arrière du pantalon.  Oui je suis d’accord avec toi ce n’est pas la meilleure place ; inévitablement il sera perdu ou pire piqué par un malandrin. Tu ne sais pas ce que c’est ? Si bien sûr un machin pendu, que dis-je pendu, scotché, sécotiné, agrafé à la main de l’humain.

Alors tu as beau te faire belle, revenir repeinte à neuf avec ton rouge coquelicot cliquant rutilant.  Tu ne fais pas le poids. Tu as mis des fleurs, des branches, de la ferraille dans ton cockpit et même pour faire bien une espèce d’antenne sur ton toit de plexis glace pour tenter t’attirer le chaland et qu’il vienne piloter cet engin ! Tu crois que les humains ne vont pas se rendre compte que tu n’es ni une soucoupe volante ni un extraterrestre martien ou vénusien ou même jupitérien.

Allez va personne ne va te faire la fête ! Tu es finie n i n i et rien ne recommencera. Tu n’es pas la cabine prodigue. T’installer au bord de la plage ou près du ponton d’amarrage, tu n’as plus la cote.

Un conseil va à affaire conclue, il y aura peut-être des malades qui auront quelques thunes à miser sur ton anatomie pour te recycler en débit de boissons sucrées…

Allez va sans rancune ma vieille !