Défi du samedi – 931- Tisseurs de vide

Sous le chapiteau, le monde semble s’effacer. Il ne reste qu’un souffle, une lumière, et deux rubans de soie rouge qui descendent du ciel comme un chemin vers l’inconnu.

Peu à peu, les corps s’abandonnent. Ils glissent, se renversent, se balancent. On ne sait plus très bien où commence la terre, où finit le ciel. Suspendues dans leur écrin de velours écarlate, les deux artistes dessinent un langage que les mots ne savent pas dire.

Elles ne se regardent pas, pourtant elles se répondent. Entre elles circule cette confiance invisible qui permet de défier le vide. Chaque mouvement est une respiration, chaque silence une promesse. La soie les porte autant qu’elles l’apprivoisent, et l’on oublie la prouesse pour ne voir que la grâce.

Le temps ralentit. Le public retient son souffle, comme si un geste trop brusque pouvait rompre le fragile équilibre de cet instant. Les rubans deviennent des ailes, des voiles, parfois même des cocons où l’on aimerait s’abriter quelques secondes encore.

Puis vient le retour. Lentement, les étoffes se replient, les corps redescendent vers la piste. Le rêve se dissipe sans bruit, mais il laisse au fond des regards une étrange légèreté, comme si, l’espace d’un instant, nous avions tous appris à flotter entre ciel et terre.

Le mot mystère – les textes 46 – Pimpsouée

Oh Pimpsouée, je suis dans la mouise,
Mon destin s’effiloche en drôle de méprise.
Je cherche une lumière, une douce ipomée,
Qui grimpe à mon espoir comme une épopée.

J’interroge Ésope, maître des animaux,
Qui répond par des fables et de jolis mots.
Au fond d’un vieux musée, devant une poupée,
Je retrouve soudain mon âme échappée.

Une assiette de soupe chasse un peu mes soucis,
Mais l’odeur de l’opium brouille encore mes esprits.
Chaque pas devient épopée, chaque souffle une pompe
Qui gonfle mes rêves avant qu’ils ne se rompent.

La vie fait sa méiose, partage les chemins,
Séparant les possibles entre demain et matin.
Et moi, pauvre Pimpsouée, sorti de la mouise,
Je souris à la pluie qui doucement m’apprivoise.

Car même dans les jours où tout paraît cassé,
Une fleur d’ipomée peut encore pousser.
Et le monde, d’Ésope jusqu’au vieux musée,
Transforme une soupe en poème… pour qui sait écouter.


et chez vous
Covix
Elealaureen
François
Ecrisdelle
Jak
Jazzy
Jill Bill
Marie Sylvie
Martine martin
Tortue
Zaza

Bravo pour tous vos textes merci de vos participations

A tout bientôt

Le mot mystère 47- le mot

le mystère restera entier jusqu’au 31 août. Un peu de repos avant de reprendre le rythme par quinzaine

tirage 47 – 9 lettres – nom masculin

définitions : plusieurs sens pour un seul mot

1 – à la mode portrait chinois :

Si j’étais un chiffre, je serais le trois.
Si j’étais une matière, je serais l’assemblage du bois de foudre et du métal.
Si j’étais une taille, je serais le format miniature de la cave.
Je renferme les nectars les plus précieux sans encombrer le cellier.

2 – à la mode devinette

« Si vous me cherchez dans le ciel, je suis un jeune rapace fier et trop petit pour chasser le grand gibier.
Si vous me cherchez au cellier, je change de nature : je deviens une petite architecture de douelles et de cercles.
Mon nom cache une fraction, car je suis né pour ne loger qu’une part réduite de la récolte.

A vos dicos et pensez à mettre un titre à votre texte si vous pouvez bien sûr

écrire un texte avec les mots trouvés et cerise sur le gâteau en rapport avec le mot mystère

Ecridelle – Atelier 2 –

1 – sujet 2 avec les mots qui commencent par AB fusionner avec le sujet 3 qui nous parle chaleur (mais tout le monde sait que la chaleur n’est qu’une vision de l’esprit). Et en plus j’ai fait court !

Canicule

« Sous la canicule, l’abri, l’abaissement de la température et l’abondance d’eau deviennent essentiels. Les habitants ressentent un grand abattement et recherchent l’abandon des activités extérieures. Certains trouvent une absolution dans une douche fraîche, tandis que l’abnégation des secouristes aide les plus fragiles. L’aboiement des chiens cesse sous cette chaleur abominable, et l’abonnement aux alertes météo permet de rester informé. »

2 – Sujet en l’honneur de Jill ( parce qu’elle vaut bien ) thème 4 et 5 réunis

Prénom Alban

Alban rêve souvent d’être un grand commandant,
Comme Napoléon Bonaparte, célèbre et conquérant.
Il marche dans le jardin en regardant le vent,
Et s’invente un destin brillant et éclatant.

Il dessine un château sur un vieux parchemin,
Puis s’élance en courant sur le petit chemin.
Il se voit à cheval, fier et triomphant,
Sous un soleil doré qui brille doucement.

Assis près d’un vieux banc, il rêve un long moment,
D’un monde plein de paix où chacun est content.
Il écoute les oiseaux chanter dans le printemps,
Et sourit au bonheur de cet instant charmant.

Quand le soir vient enfin et que le ciel est blanc,
Alban ferme les yeux en soupirant doucement.
Demain, pense-t-il, je serai peut-être géant,
Ou simplement Alban, un enfant rêvant.

Défi du samedi – 929- Charabia

Nous sommes dans la salle Imopomée II du Conseil des Sages où se discute la définition d’un nouveau mot. Glissons-nous dans un petit coin, écoutons !

Edamamon secrétaire perpétuel prend la parole :

Et bien aujourd’hui c’est la dernière séance avant les vacances ! Le grand conseil des sages sont réunis dans la grande salle. Et l’heure est grave car un mot est tombé dans la grande conversation informative. Charabia. Donc nous devons définir ce nouveau mot afin que nos administrés comprennent les textes de lois.
Je donne la parole à notre doyen.

Amon-Moumoute (94 ans, doyen des scribes, tapant avec sa canne) :
« Messieurs les momies ! L’heure est grave. Le peuple n’écoute plus nos décrets. Pourquoi ? Parce qu’ils disent que notre écriture sacrée, c’est du charabia. Alors je vous le demande : qui peut m’expliquer scientifiquement, en charabia d’époque, ce qu’est le charabia ? »

Képhren-le-Sourd (91 ans, la main derrière l’oreille) :
« C’est très simple, ô grand doyen ! Le charabia, par définition, c’est : « Skriboli- blabla-hotep, amon ! » Tu prends un grigouillibis, tu le mélanges avec un pachamina, et tu obtiens un kroum la momie, charabia. C’est pourtant de la haute philologie ! »

Mais non s’écrie Patarakhotep (88 ans, édenté mais enthousiaste) :
«, tu confonds avec le dialecte de la Basse-Marmite ! Le vrai sens du charabia, c’est une affaire de grammaire mystique : « Plickankh, Ramesès, titi! Ougadapharaon, tchou-pyramide. »
En gros, ça veut dire que si tu mets le dessin d’un canard à l’envers à côté d’un oignon, le texte se met à parler tout seul dans ta tête mais personne ne comprend. C’est l’essence même du concept ! »

Le Prêtre de Râ (Arrivant en retard, comme d’habitude) :

« Tout à fait d’accord ! Babouchibis, toutenslip ! On vote le décret et on va manger des figues ? »

Voilà la séance est levée s’époumone Edamamon et retenez la définition  officielle du mot charabia

La Synthèse Officielle du Conseil qui sera gravée sur tablette d’argile pour que les peuples suivant mettent des siècles avant de comprendre :

« Ô peuplades futures ! Retenez bien ceci : Le charabia-hotep est un tchikibi-boulon de l’esprit. C’est quand le scribe écrit avec son coude pendant que le pharaon ronfle. Zip -papyrus, gaspacho ! »

Le mot mystère – les textes 45 – bigorexie

Ogier, vêtu de son éternel imperméable beige, s’était installé à la table d’une obscure taverne adossée à la berge du canal. Face à lui, un marin au teint basané et à la mine patibulaire vidait sa chope : un authentique ibère qui ne desserrait les dents que pour commander une nouvelle bière.

Soudain, un bruit sourd retentit près du comptoir. Le tavernier venait de trébucher, renversant d’un coup son plateau. Une gerbe d’étincelles jaillit de la cheminée alors que les verres volaient en éclats.

Bigre ! s’écria Ogier en reculant sa chaise. Quelle orgie de vaisselle cassée !

Le calme revenu, le cuisinier sortit de l’arrière-boutique pour présenter le plat du jour. C’était un gibier des marais à la présentation douteuse, flanqué d’une pauvre volaille aquatique — un grèbe huppé, ou ce qu’il en restait — dont la chair semblait avoir été grossièrement gobée par les mouches avant même d’arriver dans l’assiette. Ogier regarda son voisin espagnol, paya l’addition en vitesse, et décida que, pour ce soir, le jeûne serait sa meilleure option.


et chez vous
Covix
Elealaureen
François
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Martine martin
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Le mot mystère 46- le mot

tirage 46 – 10 lettres – nom féminin
un mot magnifique, trésor du vieux français (et de nos patois régionaux) qui a une saveur formidable.

définitions : Femme à manières prétentieuses et ridicules (terme qui a vieilli).


Une personne qui passe des heures devant le miroir pour obtenir un look « négligé-recherché » et qui entre dans une pièce comme s’il s’agissait de la cour de Versailles, même s’il s’agit juste de la boulangerie du coin.

A vos dicos et pensez à mettre un titre à votre texte si vous pouvez bien sûr

écrire un texte avec les mots trouvés et cerise sur le gâteau en rapport avec le mot mystère

Le mot mystère – les textes 44 – Godelureau

La géode, la galéode et le godelureau

Pour Géralde, l’aventure commença par un coup de foudre graduel mais dévastateur pour un jeune godelureau du village d’à côté. Le freluquet, coiffé d’un galure à plume absolument ridicule, lui avait promis de lui offrir une géode magique, un cristal étincelant capable de lire l’avenir. Tu parles d’une galère !

En guise de rendez-vous galant, Géralde se retrouva plantée au milieu d’un marécage, enfoncée jusqu’aux genoux dans une gadoue infecte et glacée qui menaçait de lui filer une gelure carabinée aux doigts de pied. Point de cristal à l’horizon. Pour couronner le tout, le fiancé modèle s’était volatilisé, la laissant seule face au garde-chasse local qui hurlait comme un putois.

— Hé, vous là-bas ! rangez votre gueule de terreur et ne bougez plus ! s’écria l’officier en pointant le sol.

Géralde baissa les yeux. À la place de la pierre précieuse promise, tapie sur une souche, trônait une monstrueuse galéode — une araignée-chameau velue, agressive, et visiblement d’humeur massacrante.

Géralde regarda la bête, regarda la boue, pensa à son godelureau en fuite, et poussa un rire si hystérique que l’araignée elle-même préféra battre en retraite. Décidément, les pierres semi-précieuses, c’est surfait.

et chez vous
CovixGislain & Hildegarde
Elealaureen
FrançoisLe godelureau
EcrisdelleLaure et le godelureau
Jak
JazzyGérald
Jill BillIndécrottable Simone
Marie SylvieLE GODELUREAU AU BORD DU MONDE 
Martine martin godelureau
Tortue
Laure et Garou
ZazaAu café Le Coin Coin !

Bravo pour tous vos textes merci de vos participations

A tout bientôt

Le mot mystère 45- le mot

tirage 45 – 9 lettres – nom féminin

définitions : Maladie hautement contagieuse qui pousse un être humain normalement constitué à échanger ses grasses matinées du dimanche contre un footing de 20 kilomètres sous la pluie battante, tout en affirmant avec un sourire illuminé que « ça vide la tête ». Bixente Lizzarazu avoue en être atteint.

A vos dicos et pensez à mettre un titre à votre texte si vous pouvez bien sûr

écrire un texte avec les mots trouvés et cerise sur le gâteau en rapport avec le mot mystère

Défi du samedi – 926- Zazou

Une parodie « Laissez passer les Voyous  » d’après SIm

Laissez passer les zazous !
(Couplet 1)
Dans les rues de Paris, sous l’occupation,
Y a une drôle de bande qui crée l’agitation !
Ils s’en foutent des décrets, des cheveux bien tondus,
Ils ont des vestes longues qui leur tombent aux pendus.
Avec leurs parapluies qu’ils n’ouvrent jamais,
Et leurs grands cols blancs qui montent jusqu’au nez,
Ils swinguent au Pam-Pam, se fichent des jaloux,
Quand la police arrive, ils s’envolent d’un coup !

(Refrain)
Laissez passer les zazous !
Ceux qui ont de la pagaille dans les genoux !
Laissez passer les zazous !
Avec leur look complètement fou !
Ils ont des semelles en liège de trois mètres de haut,
Et des vestes à carreaux qui font peur aux corbeaux !
Attention, voilà les zazous,
Faites de la place, ou ils vont danser sur vous !

(Couplet 2)
Pour être un vrai zazou, faut pas être discret,
Faut une touffe de cheveux façon nid de pivert.
Tu t’habilles en fripes, tu mets des grands carreaux,
Et tu traînes tes guêtres du côté du métro.
Tu parles un anglais que personne comprend,
En écoutant du jazz en criant : « C’est épatant ! »
Ils n’aiment pas le rationnement, encore moins les uniformes,
Dès qu’on leur dit « Carré », ils répondent « Hors-normes ! »

(Refrain)
Laissez passer les zazous !
Ceux qui ont de la pagaille dans les genoux !
Laissez passer les zazous !
Avec leur look complètement fou !
Ils ont des semelles en liège de trois mètres de haut,
Et des vestes à carreaux qui font peur aux corbeaux !
Attention, voilà les zazous,
Faites de la place, ou ils vont danser sur vous !

(Pont – sur le ton parlé de Sim)
(Parlé) : Non mais vous les avez vus avec leurs pantalons trop courts et leurs cravates en ficelle ? Et ils appellent ça de la musique ! Swing, swing, swing ! Ah, mon pauvre monsieur, tout fout le camp ! Heureusement qu’ils ont de belles chaussettes blanches, au moins on les repère dans le noir !

(Couplet 3)
Les grincheux les regardent avec des yeux ronds,
En disant : « Ces jeunes-là mériteraient la prison ! »
Mais les zazous s’en moquent, ils préfèrent swinguer,
Sur un vieux disque de jazz qu’ils ont déniché.
C’est leur façon à eux de faire de la résistance,
Avec de l’insolence et un pas de danse !

(Refrain final)
Laissez passer les zazous !
Ceux qui ont de la pagaille dans les genoux !
Laissez passer les zazous !
Avec leur look complètement fou !
Ils ont des semelles en liège de trois mètres de haut,
Et des vestes à carreaux qui font peur aux corbeaux !
Attention, c’étaient les zazous…
(Crié à la Sim) : Et swing !!