Le mot mystère – les textes 38 – Vanternier

La Leçon du Vétéran


Accroupis dans l’ombre d’une ruelle poisseuse, le jeune apprenti et le vétéran de la vanterie — ce milieu où l’on se vante de ses méfaits autant qu’on les prépare — observaient l’étage.

— Écoute-moi bien, fiston, chuchota le vieux. Pour être un bon vanternier, faut pas avoir de la brioche au ventre. Faut être souple comme de la vannerie, capable de se faufiler là où un chat n’oserait pas glisser une patte.

— Je sais, patron. Regardez cette vitre là-haut, celle qui est toute verte de crasse. Elle est restée entrouverte. C’est l’invitation pour notre virée de minuit.

Le gamin commença à s’enduire les mains.
— Pourquoi tu vas vernir tes pattes comme ça ? s’étonna le vieux.

— Pour l’adhérence ! C’est une recette à base de vératrine et de résine, ça colle au mur mieux que la glue.

Il grimpa. Une fois en haut, un bruit de verre brisé résonna. Le gamin redescendit en trombe, le visage décomposé.
— Alors, t’as fait quoi dans cette vnaterie ? T’as décroché le gros lot ou tu t’es pris les pieds dans le tapis ?

— J’ai glissé, patron… La fenêtre était graissée. J’ai failli me rompre le cou sur une table de chevet !

Le vieux ricana :
— Bah, mon gars, être un monte-en-l’air, c’est pas seulement de l’agilité, c’est du métier. Allez, remballe ta vanterie, on rentre au gîte avant que les perdreaux ne pointent leur nez !

et chez vous
Covix
Elealaureen
François
Ecrisdelle
Jazzy
Jill Bill
Marie Sylvie
Martine martin
Tortue
Zaza

A tout bientôt

Le mot mystère 39 – le mot

tirage 39 -15 lettres – nom féminin

définition :

praticienne de l’art divinatoire avec une baguette

A vos dicos et pensez à mettre un titre à votre texte si vous pouvez bien sûr

écrire un texte avec les mots trouvés et cerise sur le gâteau en rapport avec le mot mystère

Les plumes d’Asphodèle chez Soène – 6 – Mars

Soène

Virée d’Outre-Tombe

C’était un mardi, un jour de hasard total où tout a déraillé. Je marchais tranquillement quand j’ai vu débouler Marcel, mon voisin, au guidon de sa mobylette en ruine. Le type se prend pour un motard de l’apocalypse alors que son engin fait le bruit d’un mixeur en fin de vie.

Derrière lui, attaché avec de la ficelle de rôti, suivait un corbillard qu’il avait racheté aux enchères pour « faire des économies de déménagement ». À l’intérieur, pas de cercueil, mais son clébard, un bouledogue asthmatique nommé « Pompon », qui affichait une mine blafarde à force de respirer les gaz d’échappement.

Soudain, Marcel pile sec devant une boulangerie. — « Alors, on est en tard pour le goûter ? » lui ai-je lancé avec l’esprit d’un type qui n’a rien d’autre à faire. — « Tais-toi ! » a-t-il hurlé. « On m’a dit qu’ils vendaient une tarte à la crème capable de guérir la calvitie ! »

J’ai soupiré. Encore un bobard dégoté sur un forum obscur. Mais Marcel n’en a cure : il s’en tamponne le coquillard de la logique. Il est entré dans la boutique avec autant d’égard pour la file d’attente qu’un taureau dans un magasin de porcelaine, bousculant trois mémés et un livreur de journaux.

Cinq minutes plus tard, il ressortait, triomphant, une pâtisserie à la main, prêt à conquérir le monde… ou au moins à repeindre l’intérieur de son véhicule funéraire.

Le mot mystère – les textes 37 – paréidolie

Le Mirage de la Côte

Sur la plage déserte, mon regard s’égare et le monde devient une étrange parodie du réel. Je fixe ce vieux pédalo abandonné sur le sable : avec ses deux sièges arrondis et sa barre centrale, il me semble pareil à un visage grimaçant, un monstre de plastique qui me guette.

Plus loin, le rocher qui sert de pilier à la falaise prend des airs de géant endormi. Une fissure profonde l’entaille comme une plaie ancienne, et une petite nacre incrustée brille dans le creux d’une roche telle une perle qui ferait office d’œil scintillant. On croirait presque entendre une parole s’échapper du vent, alors que ce n’est que le ressac.

Même dans le ciel, le jeu continue. Ce nuage là-bas ? On dirait un ours polaire à la dérive, à moins que ce ne soit une poire géante suspendue au-dessus de l’horizon. Tout devient le décor d’un polar fantastique où les objets inanimés prennent vie. Je reste là, immobile, à lire des histoires dans les formes, car après tout, la réalité n’est qu’une image que l’on s’invente.

et chez vous
CovixPoirée ou poiré !
Elealaureenje ne trouve pas ton lien
FrançoisUN CAPITAINE DE PÉDALO
EcrisdelleVous voyez quoi vous ?
JazzyEn pause
Jill BillVive inquiétude…
Marie Sylvie
Martine martin Paréidolie : quelle folie !
Tortue
Une belle période
ZazaComplicité fraternelle !

A tout bientôt

Le mot mystère 38 – le mot

tirage 38 -10 lettres – nom masculin

définition :

Cambrioleur s’introduisant dans une maison ou un appartement par la fenêtre.

A vos dicos et pensez à mettre un titre à votre texte si vous pouvez bien sûr

écrire un texte avec les mots trouvés et cerise sur le gâteau en rapport avec le mot mystère

En vos mots 984 – Mars

Lali

Mars. Enfin.

Elle reste debout, comme si s’asseoir risquait de rompre l’équilibre fragile qui la tient encore droite. La lettre tremble légèrement entre ses doigts — à peine, presque imperceptiblement — mais assez pour trahir l’orage silencieux qui l’habite. La lumière de la fin d’hiver glisse par la fenêtre et vient se poser sur le papier, comme pour en souligner chaque mot, comme si le soleil lui-même voulait confirmer que tout cela est vrai.

Mars. Enfin.

Depuis des semaines — des mois peut-être — elle attendait. Les jours s’étaient succédé avec la lenteur grise des saisons froides, pareils les uns aux autres. Le silence était devenu une présence, un compagnon lourd et discret. Et puis ce matin, le bruit bref de la boîte aux lettres, presque anodin. Un battement de cœur suspendu.

Elle relit une phrase. Puis une autre. Elle ne sourit pas encore. L’espoir est une chose délicate : on le touche avec prudence, comme une porcelaine fine qu’un geste trop brusque pourrait briser. Ses épaules restent droites, mais sous le châle clair, on devine la tension, la retenue.

Dehors, les branches près de la fenêtre portent déjà les premiers bourgeons. Rien d’éclatant encore, rien d’affirmé. Juste la promesse.

Mars, enfin.
Ce n’est peut-être qu’une date écrite en haut d’une page.
Mais pour elle, c’est un passage.
Une porte entrouverte.
Un retour possible.

Elle ferme un instant les yeux.
Cette fois, le printemps pourrait tenir parole.

Défi du 20 – Si j’étais… Une femme préhistorique

je reviens dans ce club pas fermé du défi du 20 …J’ai été inspirée pas une image que j’ai publiée sur un autre défi que je dirige ICI

et d’ailleurs vous pouvez aussi venir…

Donc comme j’ai travaillé il y a quelques semaines sur la femme préhistorique cela m’a donné des idées.

.

Si j’étais une femme préhistorique,
on dirait sans doute que je reste près du feu.

C’est vrai.
Le feu chauffe, éclaire, rassemble.
C’est un endroit stratégique.

Pendant que certains partent raconter leur courage au-delà des collines,
moi j’apprends à connaître la terre.
Je sais laquelle se fissure, laquelle résiste.
Je sais combien de temps laisser sécher une jarre pour qu’elle survive à l’hiver.

Si j’étais une femme préhistorique,
je ne brandirais peut-être pas une lance.
Mais je saurais combien de graines garder pour la saison froide.
Je reconnaîtrais les plantes qui soignent et celles qu’il vaut mieux éviter.

On me verrait assise, concentrée.
On penserait peut-être que je fais quelque chose de simple.

C’est souvent ce que l’on pense des choses essentielles.

Si j’étais une femme préhistorique,
je n’aurais pas besoin de graver mon nom sur la pierre.
Chaque pot rempli, chaque hiver traversé,
serait une signature discrète.

Et peut-être qu’un jour,
quelqu’un comprendrait que survivre
demande autant d’intelligence
que de bravoure.

Le mot mystère – les textes 36 – Matagraboliser

Bon d’accord je suis en retard mais vous me connaissez maintenant ! Vous dites ? Ce n’est pas une excuse… je vais pas chipoter. Oui je sais mais hier j’étais très prise et arpès très fatiguée. Bises à Tous

Sous les cieux grisâtres d’une sombre taïga, Où le vent siffle une alarme au creux des bois, Vivait une femme au cœur de mica, une bigote bigame aux deux visages, deux lois.

Dans sa boîte de fer, un secret bien gardé : Un magot de douceurs, des nonnettes dorées. Elle en savoure l’arôme, le miel et les épices, Oubliant du moraliste les austères notices.

Elle croit à la magie du sucre et du péché, Tandis que son époux, par le sort matagrabolisé, Cherche à comprendre ce mystère embrumé : Comment cet être si pur peut-il être si doublement aimé ?

Point de remords pour notre dame à l’esprit bigame, Qui grignote son gâteau en pensant à ses drames. Que l’on soit saint ou fourbe, tout finit par glisser, Quand une nonnette sucrée vient nous délester.

et chez vous
CovixBen voyons !
Elealaureen
FrançoisMatagraboliser
EcrisdelleSon temps l’habite.
Jazzymatagraboliser
Jill BillOh lala Matata
Marie Sylvie
Martine martin matagraboliser
TortueL’alarme au Brésil
ZazaAh, Rabelais n’aurait pas renié ce cri du cœur !

A tout bientôt

Le mot mystère 37 – le mot

tirage 37 -10 lettres – nom féminin

définition :

Illusion d’optique par laquelle nous associons une forme connue (humaine, animale) à un élément neutre. Un stimulus visuel qui nous permet de trouver des formes familières dans les nuages par exemple. Qui d’entre vous n’a jamais vu un lapin alors que confortablement installée vous avez la tête dans les nuages.

A vos dicos et pensez à mettre un titre à votre texte si vous pouvez bien sûr

écrire un texte avec les mots trouvés et cerise sur le gâteau en rapport avec le mot mystère

Le mot mystère – les textes 35 – Sciographie

Bon d’accord je suis en retard mais vous me connaissez maintenant ! Vous dites ? Ce n’est pas une excuse… je vais pas chipoter. Oui je sais mais hier j’étais très prise et arpès très fatiguée. Bises à Tous

Dans la pénombre de l’atelier, la sciographie s’installe.
Une lampe grésille, le mur devient écran.
La Pioche appuyée là n’est plus un outil,
mais une falaise découpée par l’ombre.

Une chipie de lumière file et disparaît,
faisant briller un éclat de saphir sur la table.
Le réel se froisse, part presque en charpie,
quand l’ombre prend le dessus sur la forme.

Chaque dessin n’est qu’une copie,
jamais fidèle, toujours interprétée.
Des carpes peintes au sol semblent voler,
leurs silhouettes glissent sur le mur blanc.

Une simple chaise devient monument,
déformée par l’angle et la distance.
On hésite, on doute, on parle de gâchis,
quand la main tremble et que le trait dévie.

Mais la répétition agit comme des opiacés,
elle calme l’œil, elle ralentit le temps.
Et dans ce jeu d’ombres et de noir,
la sciographie ravive malgré tout l’espoir.

Pensez à mettre un titre !

et chez vous
CovixUn texte. 
Elealaureenentre ombre et lumière
FrançoisSOCIOGRAPHIE
Ecrisdelleun bon parti
Jazzybonne pioche
Jill BillIncernable Mona… le lien n’avait pas pris bises
Marie SylvieLA PIOCHE DE SAPHIR DANS LA SCIOGRAPHIE
Martine martin SCIOGRAPHIE
Tortue César et la petite chipie
ZazaAh… la sciographie

A tout bientôt