Le goût des autres – devoir 174 – les gaffes

Le Goût des autres

Le concours

Je devais avoir une dizaine d’années quand après quelques années de mauvais piano ; on me fit la cour pour participer à un concourt de la radiodiffusion française ! Oui oui un vrai concourt, avec des profs chevronnés et intransigeants. Et là de deux choses l’une dois-je obéir à mes parents surtout ma mère en l’occurrence et mon prof de piano ou dois-je suivre mon instinct qui me suggère de rester tranquillement à ma place c’est-à-dire une élève plus que moyenne fainéante que les cours deux fois par semaine barbaient au plus au point. J’ai cédé bien sûr car à dix ans on n’a pas vraiment le choix et j’ai écouté les sirènes d’un diplôme supérieur du Royaume de la musique. Une ligue contre moi pour le forcer à un « travail » qui me prenait du temps de jeu avec les copines ! d’ailleurs les copines je n’en avais plus beaucoup du fait du travail pianistique.

Alors me voilà vêtue de ma jupe à petit froufrou et de mon corsage blanc immaculé à poignet trempe sauce, cela faisait partie du complot pour que je bascule dans le piège. J’avance lentement mes souliers vernis me font souffrir car neufs et pas encore chaussés ; je suis restée deux heures à attendre mon tour à écouter les virtuoses en herbe jouer des prouesses techniques en tapant sur les touches noires et blanches. Donc j’avance et je m’assieds sur le tabouret tapissé de velours rouge grenat aussi rouge d’ailleurs que mes joues. Je connais par cœur le morceau la « Tristesse »de Chopin. Mais j’ai une version transcrite pour les débutants et surtout je n’ai pas voulu me fatiguer à apprendre un petit Bach.

Comme vous vous en doutez ce fut une catastrophe. D’abord, il faut le dire le trac et c’est bien normal ensuite je n’ai pas réglé mon siège et mal assise pas moyen de toucher les pédales que l’on ne m’avait pas appris à utiliser ; enfin reprise et cette fois les pédales firent résonner les cloches dans tout le studio et à contre sens. Et voilà que mon pouce s’est pris dans les volants poignets trempe sauce. Ce fut la fin de tout.

Comme je m’en suis sortie, un diplôme de consolation me fit entrer dans ce Royaume dont je ne voulais pas être sujet. Peut-être que en jouant le jeu (sans jeu de mots) j’aurai enfin pu me dépêtrer de cette obligation.

Si encore à la suite de cet échec pas très douloureux, on m’avait laissé vivre ma vie. Mais non ! Comme quand on tombe de cheval, il faut remonter en selle ! j’ai donc dû continuer toujours aussi flemmarde.

Ne vous y trompez pas, j’adore la musique et surtout classique  jouer par les autres c’est magnifique.

Mil et une la suite – sujet 61- Logorallye

Miletune

A la manière de Robert Desnos

Un despote en escarpin sur la banquise jouant d’un stradivarius à en perdre l’ haleine, ça n’existe pas. Mais lorsque celui-ci déguste une crème chantilly agrémentée d’un zeste de citron dans la brume et assis tout de bizingois alors là…

Ça n’existe pas non plus ! Ou alors il y a nécessité de consulter en urgence mais ce n’est que mensonge ! Ça n’existe pas plus qu’une fourmi de dix mètres de long.

Mil et une la suite – sujet 60- correspondance

Miletune

correspondance

Puisque tu te plains de mes pattes de mouches, je me résous à t’envoyer un mail.

Seulement tu ne viendras pas te plaindre qu’il a disparu. Que la corbeille de ton ordi, a fait son office et que tu oublieras mes lignes ; Toi qui adore la correspondance épistolaire, toi qui aime sentir l’encre marron que distille ma plume au fil des mots, toi qui aime chiffonner le papier pour mieux le lisser ensuite et essayant de lire dans les creux et les lignes formés, comme si c’étaient les lignes de la main.

Ne viens pas me dire que la communication est froide et impersonnelle : les belles lettres, les pleins et les déliés te manqueront. Comment, il faut en plus que je cherche une police adaptée ? alors là non pas question. Et puis que vient faire la police dans notre courrier ?

Le goût des autres – devoir 172- Le vieil homme triste – Vincent Van Gogh

Le Goût des autres

Devoir de Lakevio du Goût N°172

Le vieil homme triste

Pourquoi a-t-il fallu qu’à l’automne de ma vie, je lui avoue que je l’avais trompé. C’est bien simple quand nous allions faire les moissons, à l’ombre des meules de paille, nous faisions pranière (la sieste) mais pas que ! Dédé était là à me tourner autour et je n’ai pas résisté. Pourquoi Emilie n’a pas compris ! A l’heure de la retraite bien méritée, j’avais espéré que avouer mes péchés à mon épouse, me serait pardonné si ce n’est par Dieu (je ne crois pas ) par elle. Tant d’années ensemble c’est un ciment non ? J’avais rêvé de voyage, de balades dans la campagne avec Toby, sur des chemins lumineux, en dehors des champs à cultiver. J’avais rêvé aller à la pêche à la sardine, j’avais rêvé encore et encore de tant de choses !

Mais voilà je tourne en rond dans une solitude pesante. Dépité, voilà ce que je suis dépité. Je suis dans le désert, pas sobre comme un chameau et l’humeur chagrin. Emilie est partie après avoir tout  détruit sur son passage ;  une vraie tornade. Je ne pensais pas provoquer une telle réaction.  Ce qui me fait le plus mal, elle a brûlé mon fauteuil préféré celui avec du cuir havane, dans l’âtre les restes rougeoient encore. Même Toby l’a suivie. Elle ne m’a laissé qu’une chemise et une pantalon le bleu de travail comme elle disait.

Le froid le mord. La cheminée a englouti les vestiges de sa vie.

Le goût des autres – devoir 173 – Emile Friant – Ne me quitte pas !

Le Goût des autres

Ne me quitte pas !

Ma chérie, ne me quitte pas  oh non ne me quitte pas !

Vois-tu je t’ai trompé c’est vrai mais tout peut s’oublier. Tiens le temps s’enfuit déjà alors pourquoi tant de malentendus.

Comment qu’avait-elle de plus que toi ? Mais rien rien du tout ! enfin si elle avait des atouts que tu me refuses mais ne me quitte pas ne me quitte pas.

Tu veux des cadeaux ? Je t’offrirais des perles venues de loin de très loin. Oh ne t’emballe pas, des perles de pluie simplement ; elles ne coutent pas grand-chose et ton cœur sera rempli de bonheur. Vois-tu je n’ai pas les moyens de couvrir ton corps d’or, la lumière suffira.

Non ne me quitte pas ! Qui gèrera le domaine que ta dot va payer ? Il faut bien qu’il rapporte, je ne veux par creuser la terre jusqu’après ma mort ? C’est ce que veux, ma mort ? Oh non ma chérie, ne me quitte pas. Vois-tu les mots insensés que tu attends, je ne peux les inventés, mes connaissances littéraires sont limitées.

Mais non ne me quitte pas, même ton chien ne le souhaite pas ! Qui l’emmènerai en balade ?

Bon j’en ai assez dit, si tu me quitte, je me tue ! Ah je vois tu tu ne me crois pas, tu as raison ; mon cœur n’est pas un volcan qui renait de ses cendres.

Ne me quitte pas ne me quitte pas !

Merci à Jacques Brel et pardon pour ce détournement 


Mil et une la suite – sujet 58 – La vieille cabine

Miletune

Le mot facultatif :  martien

La vieille cabine

Ah te voilà toi la cabine prodigue !

Tu t’imaginais quoi ? Que la vie ailleurs était meilleure. Que les gens pressés allaient bondir dans ton espace pour prendre un combiné téléphonique ? Non mais tu as rêvé ! Franchement tu pensais que, engoncés dans ce coin presque insalubre, rempli de graffitis et d’odeurs corporelles identifiables ou non, les téléphoneurs allaient te faire la fête comme un chien remue la queue de bonheur. Si on t’a virée du square c’est parce que tu ne servais plus à rien. Chacun s’amuse maintenant avec un nouveau doudou, un petit tout petit boitier coloré que l’on glisse dans la poche arrière du pantalon.  Oui je suis d’accord avec toi ce n’est pas la meilleure place ; inévitablement il sera perdu ou pire piqué par un malandrin. Tu ne sais pas ce que c’est ? Si bien sûr un machin pendu, que dis-je pendu, scotché, sécotiné, agrafé à la main de l’humain.

Alors tu as beau te faire belle, revenir repeinte à neuf avec ton rouge coquelicot cliquant rutilant.  Tu ne fais pas le poids. Tu as mis des fleurs, des branches, de la ferraille dans ton cockpit et même pour faire bien une espèce d’antenne sur ton toit de plexis glace pour tenter t’attirer le chaland et qu’il vienne piloter cet engin ! Tu crois que les humains ne vont pas se rendre compte que tu n’es ni une soucoupe volante ni un extraterrestre martien ou vénusien ou même jupitérien.

Allez va personne ne va te faire la fête ! Tu es finie n i n i et rien ne recommencera. Tu n’es pas la cabine prodigue. T’installer au bord de la plage ou près du ponton d’amarrage, tu n’as plus la cote.

Un conseil va à affaire conclue, il y aura peut-être des malades qui auront quelques thunes à miser sur ton anatomie pour te recycler en débit de boissons sucrées…

Allez va sans rancune ma vieille !

Mil et une la suite – sujet 58 – La vieille cabine

Miletune

Le mot facultatif :  martien

La vieille cabine

Ah te voilà toi la cabine prodigue !

Tu t’imaginais quoi ? Que la vie ailleurs était meilleure. Que les gens pressés allaient bondir dans ton espace pour prendre un combiné téléphonique ? Non mais tu as rêvé ! Franchement tu pensais que, engoncés dans ce coin presque insalubre, rempli de graffitis et d’odeurs corporelles identifiables ou non, les téléphoneurs allaient te faire la fête comme un chien remue la queue de bonheur. Si on t’a virée du square c’est parce que tu ne servais plus à rien. Chacun s’amuse maintenant avec un nouveau doudou, un petit tout petit boitier coloré que l’on glisse dans la poche arrière du pantalon.  Oui je suis d’accord avec toi ce n’est pas la meilleure place ; inévitablement il sera perdu ou pire piqué par un malandrin. Tu ne sais pas ce que c’est ? Si bien sûr un machin pendu, que dis-je pendu, scotché, sécotiné, agrafé à la main de l’humain.

Alors tu as beau te faire belle, revenir repeinte à neuf avec ton rouge coquelicot cliquant rutilant.  Tu ne fais pas le poids. Tu as mis des fleurs, des branches, de la ferraille dans ton cockpit et même pour faire bien une espèce d’antenne sur ton toit de plexis glace pour tenter t’attirer le chaland et qu’il vienne piloter cet engin ! Tu crois que les humains ne vont pas se rendre compte que tu n’es ni une soucoupe volante ni un extraterrestre martien ou vénusien ou même jupitérien.

Allez va personne ne va te faire la fête ! Tu es finie n i n i et rien ne recommencera. Tu n’es pas la cabine prodigue. T’installer au bord de la plage ou près du ponton d’amarrage, tu n’as plus la cote.

Un conseil va à affaire conclue, il y aura peut-être des malades qui auront quelques thunes à miser sur ton anatomie pour te recycler en débit de boissons sucrées…

Allez va sans rancune ma vieille !

La Licorne – 86 – La passagère du silence

Filigrane

C’est toujours un crève-cœur lorsque l’on découvre que son enfant, celui que l’on chérit de toute son âme n’est pas tout à fait comme les autres. Quand il naît, il est parfait et le restera malgré un handicap. Milly est une jolie petite fille aux cheveux de miel aux yeux pétillants de malice et de bonheur mais voilà elle n’entend pas. Ses oreilles restent insensibles au moindre son. Alors que faire de cette gamine ? Sa mère la rejette ! On ne fera rien avec elle. Je voulais qu’elle apprenne le piano ou le violon mais là c’est un désespoir. Son père lui garde son amour et est pourtant incapable de s’en occuper. Aucune démarche ne sera faite pour que Milly puisse se développer harmonieusement. Très vite elle est confiée à Nounou qui apprend à communiquer avec elle. Sa mère, elle ne la verra pratiquement plus juste une carte postale de temps en temps.

    Pourtant Milly a un secret. Elle lit, elle dessine et adore « faire de la peinture ». C’est avoir bonheur que Nounou lui installe un chevalet dans un coin de sa cuisine. Chaque jour Milly, sur la pointe des pieds se cramponne à son pinceau et fait naître des volutes, des arabesques puis à force travail car c’est du travail, elle réalise des petites fresques sur des grandes feuilles de papier, un peu à la manière du Douanier Rousseau ; Nounou lui a montré des albums de peinture.

    Elle ira aux Beaux-Arts, deviendra un très grand peintre connu et reconnu. Sa surdité ? Elle en a fait un atout. Tout dans son œuvre respire la paix et le silence, des couleurs douces aux coups de pinceau légers, effleurant la toile. Elle sera surnommée plus tard la « passagère du silence » !

Le goût des autres – devoir 170 – chaleur

Le Goût des autres

Mes divagations spirituelles ( bien modestes)

Je ne sais ni comment je vis ni encore moins comment je survis. Peut-être parce que je vis dans un coin perdu de nature où les forêts domaniales sont encore très importantes. Le fait est que la canicule telle que les médias nous l’imposent n’est pas arrivée jusque dans mon jardin. Oh la la je vous entends quelle veine cette Lilou encore inconnue qui vient donner un coup de pied dans une fourmilière installée depuis bien longtemps dans la blogo.

Rassurez-vous comme tout un chacun, je souffre de la chaleur et que loin de me liquéfier, je me dessèche car mon eau, je la perds tant et plus. Alors je m’installe un petit ventilo qui se branche sur mon ordi un autre près de mon fauteuil préféré, car lorsque je regarde la télé, et oui, il arrive que quelque programme présente un intérêt, faible, je l’accorde ou bien un petit polar pour lequel le coupable se découvre immédiatement, l’émotion monte et là je me remets à perdre mon eau. Mieux encore, je me mets en mode « grotte » tout fermer : cependant ce n’est pas le top ; l’hiver on ferme pour le froid et l’été pour la chaleur. J’ai l’impression d’hiberner tout l’année. Quand vais-je respirer normalement ?   Et là je m’interroge, comment Pithécanthrope, Neandertal et autres homos de tous poils supportaient-ils les intempéries ?Ont-ils pensé que nous les Homos sapiens « développés et évolués, enveloppés de leurs connaissances » souffriraient d’un tel changement climatique eux qui sortaient de la période glaciaire. Comment je suis dans l’anachronie et dans l’uchronie tant pis. Je vais de ce pas quitter ce vêtement qui me tient trop chaud et me balader toute nue…

Tintin dans tout cela ? je n’aime pas la BD mais je me souviens d’avoir feuilleté cet album où le Haddock souffrant d’hallucination étranglait ce pauvre Tintin voulant faire sauter le bouchon d’une bouteille de champagne.

Mil et une la suite – sujet 57

Miletune

Le mot facultatif :  addiction

Je vole

Je ne pourrai dire que l’image provoque une forte inspiration mais j’avoue que flotter au-dessus de nuage et voir la France d’en haut confère une sensation de puissance. Pour avoir pris l’avion souvent, les premières minutes de vol sont plaisantes. Je laisse mon esprit divaguer entre ce que je quitte et ce que je vais découvrir. Ces nuages qui moutonnent que je vois en général dans l’autre sens me laissent imaginer des formes bizarres, j’imagine comme tous les gamins des animaux préhistoriques ou familiers ; tiens ici à droite un poisson ! Lequel je ne sais mais il avance en même temps que moi. Et un poisson au-dessus des villages qui rapetissent au fur et mesure que l’avion prend de l’altitude, ce n’est pas banal. Alors je me laisse emporter en rêvant à la liberté des oiseaux.