Le mot mystère – les textes 49- Nitescent

L’Éblouissement de Sienne

Une lumière vive inondait le paysage, révélant le nitescent éclat du petit matin sur la Seine. De passage dans la région, des marchands nicéens observaient avec admiration la cité de Sienne, dont la beauté nette et éclatante captivait le regard. Ma nièce, fascinée par ce tableau solennel, restait immobile : la douceur de l’air s’était si bien sentie qu’elle en oubliait le temps qui passe.

Près d’elle, un bambin accroché à sa tétine contemplait lui aussi les reflets dorés du soleil. Un peu plus loin, au fond du port, l’eau obscure d’une vieille sentine semblait soudain illuminée par cette teinte spectaculaire. Aucun rituel mystique d’une quelconque secte ne saurait égaler la magie pure de cet instant éblouissant.

— Que cette splendeur tienne encore quelques minutes, murmura-t-elle, alors que les promeneurs, d’abord tenus à distance par la fraîcheur de l’aube, commençaient à affluer.

Ce spectacle fascinant teste notre capacité à nous émerveiller face à la lumière.

et chez vous
Covixle mariage de Karolina
Elealaureen
FrançoisNitescent
Ecrisdellela secte
JakMystère au club de tennis
JazzySteinen et Stecie répètent
Jill BillQuestionnement
Marie Sylvie
Le scintillement des choses simples
Martine martin
TortuePetit théâtre en bord de Seine
ZazaTout ce qui brille n’est pas d’or

Bravo pour tous vos textes merci de vos participations

A tout bientôt

Le mot mystère 50 – le mot

pour le lundi 12 octobre

tirage 50 – 8 lettres – nom masculin

définitions classique : une divinité ou une entité responsable de la création de l’univers physique et du monde matériel

Définition humoristique : Individu persuadé d’avoir créé l’univers alors qu’il n’a même pas réussi à monter un meuble en kit sans qu’il reste trois vis et une barre mystérieuse.

Les épices : digéré – dreige – derme – les pluriels sont acceptés ainsi que les verbes conjugués

Week-end en tableau – 1 – le thème octobre

Vestiges & Souvenirs

La mémoire du temps qui passe

Ce thème vous invite à explorer la trace : celle que le temps laisse sur les objets, les lieux, les paysages ou les êtres. Il s’agit de capter la beauté de ce qui a vécu, la nostalgie d’un instant révolu ou la poésie de ce qui s’efface doucement.

Quelques pistes pour nourrir votre inspiration :

  • Vieilles pierres & Architectures : ruines, portes en bois vermoulu, façades décaties, volets effrités, serrures rouillées, ponts ou fontaines moussues.
  • Objets patinés & Natures mortes : poteries ébréchées, ustensiles anciens, jouets d’autrefois, lettres jaunies, boîtes de famille, dentelles.
  • Lieux de mémoire & Intérieurs : coin de grenier traversé par un rayon de lumière, grange abandonnée, fauteuil vide près d’une fenêtre, jardin oublié.
  • Traces de la nature : chênes centenaires, souches recouvertes de mousse, chemins creux, épaves oubliées.

À samedi

Week-end en tableau – 2 – Les roses

Valdemar Korerup

Un moment de reflexion 1923


L’artiste est Danois. Le Musée d’Orsay le classe comme peintre de portraits et d’intérieurs .

L’école danoise : Kornerup s’inscrit dans la grande tradition des intérieurs scandinaves de la fin du XIXᵉ siècle (proche de l’esprit d’un Peter Ilsted ou de l’école de Skagen), caractérisés par une atmosphère calme, recueillie et domestique.

Le jeu des portes en enfilade : Le cadrage met en valeur le passage de la lumière entre la chambre au premier plan et la pièce du fond, un motif très prisé dans la peinture nordique pour créer de la profondeur et du mystère.

La poésie du quotidien : La robe rose apporte une touche de couleur chaude et éclatante au centre d’un décor très sobre, où les éléments simples (le lit, la commode en bois vert, le miroir, le bouquet) participent à une ambiance intimiste et suspendue.

L’attitude du modèle : La jeune femme ne regarde pas directement les fleurs ni le miroir, mais garde la tête légèrement inclinée, la main posée sur sa poitrine, absorbée par ses pensées.

La poésie du temps suspendu : Fidèle à l’esprit intimiste des peintres danois de son époque, Kornerup capture ici un instant d’introspection pure, où le cadre domestique et la lumière douce viennent souligner cette parenthèse d’émotion retenue.

Je serai absente toute la journée et ne pourrai mettre vos liens.

Amande douce
Covix
Fardoise
François
Golondrina63
Jazzy.
Josy
KImcat
Pulsatilla
Marie des vignes
Martine tortue
Mireille
Miss Yves
Monica Breitz
Zaza

Tous les tableaux ne sont pas exposés je reviendrai plus tard.

merci pour vos belles participations;

Défi du samedi – 942- Grincheux

Le vieux nain fixait la porte de pierre avec la même expression qu’un client devant une file d’attente de quarante-cinq minutes. Les sourcils froncés, le nez rouge gonflé d’indignation, il semblait prêt à faire tomber la montagne de colère — ou au moins à l’insulter copieusement.

— « Parle, ami, et entre » … grommela-t-il en lisant l’inscription pour la douzième fois. Traite-moi d’ami, toi, tu ne me connais même pas. C’est comme ça qu’on se fait enlever sa bourse dans les tavernes.

Derrière lui, la jeune femme aux cheveux blonds patientait avec le sourire diplomatique de quelqu’un qui a déjà vu ce nain râler contre une fontaine, un escalier, et une fois, mémorablement, contre un nuage.

— Peut-être qu’il faut juste dire « bonjour » ? proposa-t-elle d’une voix douce.

— BONJOUR ! hurla le nain à la porte, avec l’intonation de quelqu’un qui règle ses comptes.

La porte resta parfaitement, magnifiquement muette. Le nain la grommela une insulte que même les pierres préférèrent ne pas entendre, bougonna que de son temps, les portes magiques avaient le sens du respect, et s’assit lourdement sur une marche en déclarant qu’il ne partirait pas avant que cette maudite porte s’excuse.

La jeune femme alla chercher du thé. Elle savait que ça allait être long.

L’atelier de Villejean – Prosopopée

voir la consigne

Consigne d’écriture AEV 2627-03 du mardi 22 septembre 2026

Moi, c’est Filou. Un bâtard noble, croisé de fox-terrier et de je-sais-quoi. Je parle, personne ne m’écoute, tant pis, je vous raconte tout.

Ce matin, j’ai vu passer un pigeon. Voilà. C’est déjà pas mal, une journée. Les humains croient que je ne pense à rien — et c’est vrai que je ne pense pas beaucoup — mais je pense fort.

Hier soir, à la télé, il y avait une corrida. Figurez-vous que ça m’a remué le museau. Un taureau énorme, noir, fumant de colère, face à un bonhomme en habits de lumière qui agite un chiffon rose. J’ai pas compris pourquoi le monsieur ne mordait pas. Moi, à sa place, j’aurais mordu. Deux fois. Le mien de combat, c’est contre le facteur : je perds à chaque fois, il a des croquettes dans la poche, c’est un adversaire déloyal.

Le maître, justement. Parlons du maître. Sa voix, c’est ma boussole. Quand il dit « Filou » sur le ton grave, je me fais tout petit derrière le canapé. Quand il le dit sur le ton aigu, en penchant la tête, c’est promenade, c’est bonheur, c’est Paradis. Toute une vie de chien tient dans les fréquences d’une seule voix. C’est Extraordinaire, non ? Enfin, pour moi. Pour vous, c’est juste un monsieur qui parle à son chien.

Parfois il me nomme en regardant la mer. Nous sommes allés une fois sur la Baie des Anges. Moi qui croyais que les anges, ça nageait pas. Il m’a posé sur le bord de l’eau, j’ai aboyé aux vagues pendant trois heures — elles répondaient jamais, mais elles revenaient toujours, têtues. J’adorerais bien y retourner. Les galets là-bas, ça fait un bruit de croquettes géantes sous les pas. C’est trompeur, mais c’est joli.

Un souvenir d’enfance ? J’en ai un. Avant les croquettes du maître, il y a eu l’odeur d’une niche immense, une maman chaude et une fratrie de huit morveux qui me marchaient dessus. Le premier jour chez le maître, j’ai hurlé toute la nuit. Il est descendu en pyjama, il s’est assis par terre à côté de moi, et il est resté. C’est là que j’ai décidé qu’il était le mien. Les chiens décident vite. C’est notre version de l’éternité.

Et puis il y a la Crème Chantilly. Vous savez, cette mousse blanche et sucrée qu’il met sur les fraises en été ? L’an dernier, il m’en a donné une lichette. J’ai vu le Paradis des anges de la Baie des Anges, justement. Depuis, je m’assois sous la table dès que j’entends le shhhhooooot de la bombe de crème. Le maître dit que je suis ridicule. Le maître a raison. C’est pour ça qu’on s’entend.

Voilà. J’ai parlé de tout, de rien, du taureau, des anges, du pyjama et de la Chantilly.

Maintenant, si vous voulez m’excuser — le pigeon est revenu.

Filou, élevé à la voix de son maître 🦴

Ecridelle – Atelier 3 – la bourrique

La Bourrique Savante

Il était une bourrique à l’esprit logique,
Qui connaissait par cœur toute la musique,
Du physique au poétique, c’était fantastique,
Cette mythique ânesse était magnifique !

Elle lisait des livres à tendance historique,
Faisait des commentaires franchement dramatiques
Sur la scène politique et ses discours pathétiques —
Que dis-je ? Poétiques ! Même statistiques !

Mais un matin, lasse de tant de rhétorique,
Elle trouva son état bien pathologique :
« Être la plus académique des bourriques,
C’est paradoxique… et carrément comique ! »

Alors elle hennit d’un air très ironique :
« La sagesse encyclopédique,
Ça va deux minutes… mais une bonne carotte,
C’est bien plus authentique ! »

L’atelier de Nanou – acrostiche 17

Nanou on la trouve : ici

Sage et hors du commun,
Inimitable en chaque geste,
Naviguant loin du chemin commun,
Gardant un éclat sans reste,
Unique parmi la foule,
Lumière qui se distingue,
Inspirant ceux qu’elle frôle,
Et retraçant sa propre langue,
Révélant sa vraie nature.

L’atelier de Nanou – homonyme 17

Nanou on la trouve : ici

C’était un personnage assez singulier.

Il avançait, le torse ceint d’une vieille écharpe,
l’air sain, mais pas vraiment serein.
À son cou pendait une médaille de saint Christophe,
et dans sa poche, soigneusement plié, un mystérieux seing.

Personne ne savait ce que ce seing pouvait bien signer.
Quant à son sein, il y avait longtemps qu’il n’en parlait plus,
préférant laisser ce genre de détail aux médecins et aux poètes.

Un matin, il entra dans la mairie et déclara :
— Je viens déposer mon seing.
Le secrétaire leva les yeux.
— Votre quoi ?
— Mon seing !
— Votre saint ?
— Non, mon seing !
— Votre sein ?
— Certainement pas !
— Alors votre sain ?

L’homme soupira.
— Voilà pourquoi je trouve cette langue française particulièrement singulière.
Il sortit son papier, posa son seing au bas de la page,
remit son écharpe ceinte autour du cou
et repartit sous la protection de son saint.
Le secrétaire le regarda partir.
— Au moins, celui-là, il ne manque pas d’homonymes…
Et il ajouta dans la marge :
« Cas singulier. À classer sans suite. »

Ecridelle – Atelier 3 –

en hommage au prénom de Jill Boris

Je préviens de suite que ce n’est pas mon texte mais celui de Jean Ferrat en hommage à Boris Vian. Le texte est très engagé mais je ne cache pas mes opinions.

Tu vois rien n’a vraiment changé depuis que tu nous a quitté
Les cons n’arrêtent pas de voler, les autres de les regarder
Si l’autre jour on a bien ri, il paraît que « Le Déserteur »
Est un des grands succès de l’heure quand c’est chanté par Anthony
Pauvre Boris

Voilà quinze ans qu’en Indochine, la France se déshonorait
Et l’on te traitait de vermine de dire que tu n’irais jamais
Si tu les vois sur leurs guitares ajuster tes petits couplets
Avec quinze années de retard, ce que tu dois en rigoler
Pauvre Boris

Ils vont chercher en Amérique la mode qui fait des dollars
Un jour ils chantent des cantiques et l’autre des refrains à boire
Et quand ça marche avec Dylan, chacun a son petit Vietnam
Chacun son nègre dont les os lui déchirent le cœur et la peau
Pauvre Boris

On va quitter ces pauvres mecs pour faire une java d’enfer
Manger la cervelle d’un évêque avec le foie d’un militaire
Faire sauter à la dynamite la bourse avec le Panthéon
Pour voir si ça tuera les mythes qui nous dévorent tout du long
Pauvre Boris

Tu vois, rien n’a vraiment changé depuis que tu nous as quittés.