Défi du 20 – Si j’étais… une heure de la journée

et si j’étais 5 heures du matin

Si je devais me glisser dans la peau d’une heure de la journée, je choisirais sans hésiter cet instant suspendu de 5 heures du matin. Je serais cette heure fragile, coincée entre le dernier rêve et le premier café, là où le monde n’est encore qu’une promesse silencieuse.

À cette heure-là, la ville m’appartient enfin. Je serais le bleu profond qui hésite à devenir gris, cette nuance que les peintres appellent l’heure bleue, quand la lumière n’est pas encore une agression mais un murmure. Je serais le témoin privilégié de la solitude magnifique : celle de l’écrivain qui finit son chapitre, celle de l’insomniaque qui trouve enfin la paix, ou celle du boulanger dont les mains pétrissent l’aurore.

Pourquoi 5 heures du matin ?

  • Le silence absolu : Je serais cette parenthèse où le brouhaha des moteurs est remplacé par le chant des premiers oiseaux.
  • L’honnêteté : À cette heure, personne ne porte de masque. On est soit terriblement fatigué, soit incroyablement lucide.
  • Le potentiel : Je ne suis pas encore gâchée par les rendez-vous manqués ou le stress du quotidien. Je suis une page blanche.

Je serais la fraîcheur qui pique les joues et qui rappelle qu’on est vivant. Les rues seraient mes veines, encore vides de tout jugement. Dans mon sillage, je laisserais une odeur de rosée et de terre humide, offrant à ceux qui me croisent le sentiment d’être les seuls gardiens de la Terre.

Être 5 heures du matin, c’est posséder le luxe suprême : le temps avant le temps. Je ne serais pas l’heure de la performance, mais celle de la présence pure. Un moment de grâce où l’on peut simplement respirer, avant que le soleil ne vienne imposer ses ombres et ses exigences. Je serais le secret le mieux gardé de la rotation terrestre, une invitation à recommencer, chaque jour, dans la douceur d’un monde qui s’éveille à peine.

Défi du samedi – 919- Stramoine

Dans le jardin de ce vieux moine,
Poussait une étrange stramoine.
Elle avait l’air d’un grand patrimoine,
Mais sentait fort le vieux babouin.

Un rat musqué, nommé Antoine,
Voulut en faire son avoine.
Il devint fou comme une pivoine,
En s’imaginant roi de Pologne.

Ne jouez pas les fier-à-bras, Sidoine,
Avec cette herbe de Pantoine.
Sinon, pour sauver votre bouille,
Il faudra appeler le chanoine !

Le mot mystère – les textes 40- Lécythiophilie

La Trouvaille des Trois Curieux

Lilith, Lucie et Léophile s’étaient rencontrés sur les bancs du lycée, unis par une passion singulière que Léophile nommait avec fierté : la lecythiophilie. Pour lui, chaque flacon de parfum ancien était un trésor, une petite architecture de verre.

Cet après-midi-là, ils exploraient un sous-bois humide à la recherche de spécimens naturels pour décorer les étagères de sa collection. Lilith, armée d’une loupe, examinait chaque détail de l’écorce. Elle finit par débusquer une lépiote élevée, un champignon au chapeau écaillé qui semblait monter la garde près d’un vieux muret. Juste à côté, sur une pierre calcaire, s’épanouissait une plante lithophile, s’agrippant au rocher comme si elle voulait en extraire la vie.

« Regardez ! » s’exclama Lucie en désignant une petite cavité dans une souche pourrie, une sorte de locule naturel où s’était logée une lucilie. La mouche aux reflets métalliques brillait comme un bijou, rivalisant d’éclat avec une luciole endormie qui attendait le crépuscule pour s’illuminer.

Pour reprendre des forces, les trois amis partagèrent un litchi juteux dont le parfum sucré rappela immédiatement à Léophile les notes de tête d’un de ses flacons préférés. « Est-ce bien licite de ramasser tout ça ? » demanda Lilith en riant, alors qu’ils glissaient leurs trouvailles dans leurs poches.

Léophile sourit : dans leur monde de lécythiophiles et de naturalistes en herbe, chaque fragment de forêt avait la valeur d’une essence rare.


et chez vous
Covix
Elealaureen
François
Ecrisdelle
Jazzy
Jill Bill
Marie Sylvie
Martine martin
Tortue
Zaza

A tout bientôt

Le mot mystère 41- le mot

Je viens de vérifier l’orthographe et je modifie car j’ai trouvé le mot avec deux orthographes je rajoute un G et un S car le pluriel donne plus de mots.

tirage 41 -12 lettres – nom féminin pluriel

définition :

très ancienne tradition normande désignant les étrennes que sollicitaient les enfants allant chanter de porte en porte au Jour de l’an. Elles désignent aussi traditionnellement la part des pauvres à la Chandeleur dans le pays de Caux.

A vos dicos et pensez à mettre un titre à votre texte si vous pouvez bien sûr

écrire un texte avec les mots trouvés et cerise sur le gâteau en rapport avec le mot mystère

Défi du samedi – 917- Questionnaire

Il existe, quelque part entre deux clics et trois soupirs, une créature étrange : le questionnaire. On ne le voit pas venir. Il attend. Tapi dans l’ombre d’un “Merci pour votre achat”, dissimulé derrière un innocent “Cela ne prendra que 2 minutes”. Mensonge délicieux. Promesse fragile. Car le questionnaire, lui, n’a pas de notion du temps — seulement celle de l’insistance.

On commence confiant.
“Sur une échelle de 1 à 10, comment évalueriez-vous votre expérience ?”
On hésite. 7 ? 8 ? Et déjà, le piège se referme. Car à peine a-t-on répondu qu’il enchaîne, insatiable :
“Pourquoi pas 9 ?”

Pire encore “Sur une échelle de 1 à 10, comment évalueriez-vous votre douleur, ” Comme si celle-ci était quantifiable ; sans compter que les médocs ne vous seront pas plus dosés. Vous comprenez Madame un doliprane c’est toutes les six heures !

Comme si le bonheur devait toujours se justifier de ne pas être parfait.

Alors il creuse. Il dissèque. Il soupçonne.
“Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ?”
Peut-être.
“Qu’aurions-nous pu améliorer ?”
La météo, le sens de la vie, mon café de ce matin ?

Le questionnaire devient poète malgré lui, inventeur d’absurde.
“Vous êtes-vous senti émotionnellement compris lors de votre interaction avec notre service automatisé ?”
Oui, bien sûr. Nous avons pleuré ensemble. Lui en code binaire, moi en silence.

Et plus on avance, plus il s’allonge. Hydra numérique : une question coupée, trois repoussent. Il veut tout savoir, tout comprendre, tout réduire à des chiffres bien rangés, comme si l’âme humaine tenait dans une case “Autre (précisez)”.

Mais le plus fou, c’est peut-être notre docilité. Nous répondons. Nous cliquons. Nous notons notre propre existence par fragments : aujourd’hui, je me sens 6, peut-être 7 si le soleil revient.

Et puis, à la fin, il nous remercie. Toujours.
“Votre avis est précieux.”
Précieux, vraiment ? Alors pourquoi ai-je l’impression d’avoir confié mes pensées à un formulaire qui ne sait même pas rêver ?

Le questionnaire disparaît, repu.
Et nous, un peu plus vides, un peu plus notés, nous reprenons notre route…
jusqu’au prochain “Cela ne prendra que 2 minutes”.

Les plumes d’Asphodèle chez Soène – 7- avril

Soène

La Tragédie du Gringalet
Sur le trottoir d’en face, un triste gringalet,
Fringuant comme un dimanche mais sec comme un valet,
Guettait avec ferveur une jeune coquette
Qui lissait ses cheveux, perchée sur sa cagette.

Elle avait l’œil malin et une longue couette,
Dessinant dans le soir une fine silhouette.
Lui, pauvre freluquet au costume étriqué,
Espérait un regard, un sourire piqué.

Mais soudain surgit l’ombre d’une camionnette,
Conduite par un type au profil de marionnette.
Il en sortit un mouflet, garnement de haut vol,
Qui glissa une savonnette au beau milieu du sol.

« Attention ! » cria l’un, mais le piège était prêt,
C’était l’entourloupette au succès garanti.

Notre amoureux glissa, fit un saut de forêt,
Et finit dans les choux, l’orgueil tout dévêtu.
La belle rit si fort qu’elle en perdit sa couette,
Laissant le freluquet… seul avec sa brouette.

Le mot mystère – les textes 39- Rhabdomancienne

La Brigade de la Baguette

Calliope n’était pas une retraitée comme les autres. Ancienne rhabdomancienne de la fonction publique, elle avait troqué son pendulette contre une branche de noisetier nerveuse. Elle avançait sur le chemin poussiéreux, flanquée de sa troupe de parias, fuyant une vie de servitude pour devenir intermittente du spectacle.

Le Casting

  • La Chienne : Une vieille bâtarde à l’oreille tombante qui, plutôt que de chasser le lièvre, préférait mâcher du chardon pour s’éclaircir la voix.
  • Le Canari : Un oiseau rescapé d’un coup de grisou, persuadé d’être la réincarnation d’un ténor italien.
  • Le Camion : Bon, faute d’âne, ils avaient trouvé un vieux Tub Citroën poussif qui faisait office de percussionniste grâce à son pot d’échappement percé.

L’Incident de la Cabane

Alors que la nuit tombait, la petite troupe repéra une cabane isolée. À travers la fenêtre, Calliope vit une bande de brigands attablés devant un festin. « Regardez-moi ces combinardes ! » s’exclama-t-elle, rangeant son pendulette de sourcier dans sa poche. « Ils se goinfrent en manigançant leurs mauvais coups, alors que nous avons l’estomac qui bat la chamade ! » Le plan fut simple :

Le plan fut simple :

  1. Le camion pétarada un coup de starter apocalyptique.
  2. La chienne hurla à la mort en mode heavy metal.
  3. Le canari balança un contre-ut si strident qu’il aurait pu fendre un diamant.
  4. Calliope, armée de sa baguette de sourcier, fit jaillir un jet d’eau croupie directement depuis la fosse septique des bandits.

La Retraite

Paniqués, les malfrats s’enfuirent en criant que la maison était condamnée par les forces de l’au-delà et un plombier vengeur.

Calliope et ses compères s’installèrent confortablement. La rhabdomancienne posa sa baguette, la chienne finit le jambon, et le canari s’endormit sur le rétroviseur du vieux véhicule. Ils n’atteignirent jamais Brême, mais pour une bande de musiciens ratés, la soupe était bien meilleure ici.


et chez vous
CovixAlice
Elealaureen
Françoisla rhabdomancienne
EcrisdelleA malin, malin et demi
JazzyCorinne et le mot mystère
Jill BillBla, bla, bla
Marie SylvieLa veilleuse des eaux profondes
Martine martin La reine des baguettes
TortueLe charme de Brice
ZazaLa baguette magique ou presque

A tout bientôt

Le mot mystère 40 – le mot

tirage 40 -14 lettres – nom féminin

définition :

Loisir consistant à faire la collection de flacons de parfums miniaturisés.

A vos dicos et pensez à mettre un titre à votre texte si vous pouvez bien sûr

écrire un texte avec les mots trouvés et cerise sur le gâteau en rapport avec le mot mystère

Défi du samedi – 916 – Palimpseste

Il va falloir gratter,
mais pas trop fort,
on ne sait jamais
si le passé est chatouilleux.

Sous cette vieille encre
qui fait semblant d’avoir tout dit,
il y a peut-être
une blague oubliée du Moyen Âge.

Un moine distrait
a peut-être écrit :
« penser à nourrir le chat »
entre deux prières très sérieuses.

Le palimpseste ricane,
il cache ses secrets
comme un vieux carnet
qui refuse d’avouer ses ratures.

Je gratte, je gratte,
et voilà qu’apparaît
une liste de courses millénaire :
pain, vin… et mystère.

Chaque couche effacée
est une couche de plus
dans le mille-feuille absurde
de nos grandes idées.

Finalement,
on n’efface jamais vraiment,
on empile,
comme des chaussettes orphelines.

Et si au fond
le sens de tout cela
était simplement
un gigantesque brouillon ?

Alors je gratte encore,
mais en riant doucement,
de peur de découvrir
que quelqu’un, avant moi, avait déjà abandonné.

Le mot mystère – les textes 38 – Vanternier

La Leçon du Vétéran


Accroupis dans l’ombre d’une ruelle poisseuse, le jeune apprenti et le vétéran de la vanterie — ce milieu où l’on se vante de ses méfaits autant qu’on les prépare — observaient l’étage.

— Écoute-moi bien, fiston, chuchota le vieux. Pour être un bon vanternier, faut pas avoir de la brioche au ventre. Faut être souple comme de la vannerie, capable de se faufiler là où un chat n’oserait pas glisser une patte.

— Je sais, patron. Regardez cette vitre là-haut, celle qui est toute verte de crasse. Elle est restée entrouverte. C’est l’invitation pour notre virée de minuit.

Le gamin commença à s’enduire les mains.
— Pourquoi tu vas vernir tes pattes comme ça ? s’étonna le vieux.

— Pour l’adhérence ! C’est une recette à base de vératrine et de résine, ça colle au mur mieux que la glue.

Il grimpa. Une fois en haut, un bruit de verre brisé résonna. Le gamin redescendit en trombe, le visage décomposé.
— Alors, t’as fait quoi dans cette vnaterie ? T’as décroché le gros lot ou tu t’es pris les pieds dans le tapis ?

— J’ai glissé, patron… La fenêtre était graissée. J’ai failli me rompre le cou sur une table de chevet !

Le vieux ricana :
— Bah, mon gars, être un monte-en-l’air, c’est pas seulement de l’agilité, c’est du métier. Allez, remballe ta vanterie, on rentre au gîte avant que les perdreaux ne pointent leur nez !

et chez vous
Covix
Elealaureen
François
Ecrisdelle
Jazzy
Jill Bill
Marie Sylvie
Martine martin
Tortue
Zaza

A tout bientôt